Logo
Facebook de nouveau dans la tourmente

Facebook de nouveau dans la tourmente

11-12-2018 à 22:13:35

2018 est une année de troubles pour le géant du web. C’est au tour du Parlement britannique d’épingler Facebook pour des pratiques et propos douteux, notamment sur l’utilisation des données personnelles.

 

Le premier réseau social de la planète fait de nouveau l’objet d’une polémique. Le Parlement britannique a en effet publié, le 6 décembre, deux cent cinquante pages de documents faisant suite à une procédure judiciaire opposant Facebook à une entreprise américaine. Il y est fait mention d’un certain nombre de fichiers datant de 2012 à 2015 où apparaissent des échanges de courriels entre dirigeants de Facebook, dont plusieurs provenant du fondateur, Mark Zuckerberg. Ces pages révèlent des pratiques douteuses, voire frauduleuses en termes de collecte de données et de stratégie vis-à-vis de la concurrence.

Créé en 2004 par Zuckerberg alors qu’il était étudiant à Harvard pour mettre en commun les données personnelles des membres de cette université, ce géant du web, à la tête duquel se trouve son fondateur aujourd’hui et qui pèse 35 milliards de dollars de chiffres d’affaires, fédère 2 milliards d’utilisateurs et est disponible en 107 langues à travers le monde ! Véritable empire commercial, il possède plusieurs applications comme WhatsApp et Instagram.

Facebook tire sa richesse des recettes publicitaires que des milliers d’annonceurs versent au géant américain. Disposant de vastes données sur l’ensemble de ses utilisateurs, Facebook attire également de nombreuses entreprises. Parmi elles, Cambridge Analytica, spécialisée dans l’analyse des données. En 2016, cette entreprise britannique se sert des données de 87 millions d’utilisateurs Facebook pour la campagne américaine du candidat Donald Trump. Le scandale éclate en début d’année et Facebook doit verser une amende. Par ailleurs, dans le débat autour des « fake news1 », l’entreprise est convoquée par un certain nombre de commissions issues des Parlements canadien, brésilien, australien, irlandais, argentin, singapourien et français pour rendre compte de ses actions pour contrer les fausses informations diffusées sur son site dans le cadre de campagnes politiques.

Dans ces documents récemment publiés, on apprend que les dirigeants de Facebook ont défini une liste blanche, c’est-à-dire un certain nombre d’entreprises, parmi lesquelles Netflix et Airbnb, pouvant continuer à accéder à certaines fonctionnalités et données utilisateurs malgré la réglementation plus restrictive votée en 2015. Il est fait mention également d’une nouvelle version de l’application Android de Facebook dont l’objectif est d’activer de nouvelles autorisations de la part de l’utilisateur mais sans l’alerter. Autre objet de polémique : Onavo, le VPN2 gratuit que Facebook proposait via l’Apple Store ou Android, et qui permettait au géant américain de collecter des données sur la façon dont les utilisateurs surfaient sur les sites concurrents.

Facebook a répondu à peine ces pages publiées, montrant ainsi que chacune de ces opérations est préparée avec soin et assortie d’éléments de communication afin de répondre aux éventuelles critiques et polémiques dans les délais les plus brefs.

 

1. Fausses informations.

2. Virtual Private Network : Réseau privé virtuel. Connexion inter-réseau permettant de relier deux réseaux locaux 
par un protocole de tunnel.

 

Mikaël de Talhouët

 

Actuailes n° 93 – 12 décembre 2018


facebook


Imprimer