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Grimpeur-élagueur

Grimpeur-élagueur

06-02-2019 à 06:34:50

Xavier, 46 ans, armé de ses cordes de rappel, son harnais, ses mousquetons et ses chaussures de montagne, ressemble à un alpiniste. 
À l’aide de sa tronçonneuse, il part à la hauteur des cimes faire une beauté aux arbres.

 

Pouvez-vous nous présenter 
votre métier ?

Avec le développement de la tronçonneuse dans les années 1970, le métier a beaucoup évolué. Avant, dans les rues de Versailles par exemple, les arbres étaient taillés grâce à un échafaudage sur roues, les grimpeurs-élagueurs envoyaient une serpe sur une perche de rotin dans les branches. Et les cordes, aujourd’hui plus souples que les cordes toronnées, permettent d’aller plus au bout des branches.

Le métier est devenu un métier d’entretien de l’esthétisme de l’arbre. L’élagage s’exerce plus en ville qu’à la campagne, car les arbres peuvent plus facilement gêner et il faut alors les travailler pour qu’ils s’intègrent bien dans le paysage.

Quels sont les dons particuliers ou les qualités qui sont nécessaires pour être élagueur ?

Il faut aimer la nature. Il faut aimer travailler à l’extérieur par tous les temps, dans le grand froid de l’hiver ou la chaleur de l’été.

Il faut avoir une bonne condition physique et le goût du sport. L’élagage d’un arbre, demande un effort irrégulier et parfois violent. C’est un métier dangereux qui demande une bonne hygiène de vie. Il est difficile de se lancer dans un arbre si la veille on s’est couché à point d’heure et que l’on est endormi.

Il faut être calme et réfléchi. Il y a souvent des situations qui demanderont à être analysées avant de commencer, une erreur peut être fatale. Il faut donc prendre son temps pour prendre la bonne décision.

Qu’aimez-vous le plus 
dans votre métier ?

J’aime travailler à l’extérieur, c’est un métier technique, il faut trouver des solutions astucieuses. J’aime être à mon compte et avoir l’autonomie et la responsabilité de chef d’entreprise.

Quels sont les moyens dont 
il faut disposer pour faire votre métier ?

Il faut être titulaire d’un certificat de spécialisation « Tailles et soins aux arbres », obtenu après une année de formation théorique et pratique. Il est possible de l’intégrer après avoir effectué un CAP ou un bac professionnel avec une option liée au domaine agricole. En France, près de cinquante centres de formation proposent ce certificat.

Quels conseils donneriez-vous 
à un jeune motivé pour suivre 
votre voie ?

Réfléchis aux talents qui te permettront de rebondir, car les inconvénients de ce métier sont sur le plus long terme. En effet, il faut réfléchir à une reconversion : au bout d’un certain temps (une dizaine d’années), on est souvent usé physiquement. Pour ma part, j’ai commencé tard, je pense qu’il vaut mieux commencer plus tôt. De mon année de formation, nous ne sommes plus que trois à exercer sur dix-sept personnes.

 

Compétences apprises lors de la formation

L’élève apprend à effectuer des choix techniques sur l’entretien, la consolidation des arbres, massifs ou haies. Il est capable d’abattre ou de démonter des végétaux encombrants ou dangereux.

Enfin, il sait diagnostiquer l’état de l’arbre ou de la plantation et proposer une solution d’intervention.

L’élagueur travaille dans une entreprise spécialisée en élagage ou en travaux forestiers, chez un paysagiste ou au sein du service Espaces verts d’une collectivité territoriale.

 

Gaëlle Iordanow

 

Actuailes n° 95 – 6 février 2019


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