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Feu l’A380

Feu l’A380

06-03-2019 à 07:05:48

Il y a deux semaines, le groupe Airbus, lors de la publication de ses résultats annuels, a annoncé la fin de son programme A380, le plus gros avion civil du monde. Pourquoi y met-il fin ?

 

L’A380 battait tous les records dans le domaine des « bi-couloirs » (par opposition aux « mono-couloirs » utilisés pour des liaisons courtes) : la possibilité d’asseoir plus de cinq cents passagers (contre environ trois cents pour des A330 et A350), une portée de 16 000 kilomètres et un prix catalogue supérieur à 400 millions de dollars l’unité !

L’A380 était l’accomplissement de nombreuses années de recherche et de développement. Réflexion amorcée au milieu des années 1990, pour un lancement des processus d’industrialisation en 2000, un premier vol en 2005 et une première livraison en 2007. L’aéronautique s’ancre sur le long terme. On peut estimer le budget global du programme à près de 18 milliards d’euros. Il était poussé par quatre moteurs, fournis soit par Rolls Royce, soit par General Electric.

L’A380 répondait à différents objectifs :

  • Servir la demande croissante de voyages de passagers (en hausse de 4 à 5 % par an depuis de nombreuses années) et favoriser le fret (transport de marchandises) tiré par la mondialisation des échanges.
  • Limiter la saturation des aéroports, un vol d’A380 étant l’équivalent de plusieurs vols d’A330 ou de B777.
  • Et enfin, concurrencer l’ancien gros porteur de Boeing, le B747 vieillissant.

Malgré ses atouts, l’A380 reste l’un des plus grands échecs commerciaux récents de l’Europe et ce pour plusieurs raisons :

  • L’A380 était très novateur sur un plan technique et son industrialisation a connu de nombreux retards (les systèmes informatiques allemands et français d’Airbus ne correspondaient pas…).
  •  Il était très cher, tant à l’achat (prix catalogue record) qu’à l’exploitation (quatre moteurs) ; or, les coûts d’essence représentent parfois 40 % des charges d’une compagnie aérienne. Sans compter les taxes d’aéroports plus élevées au vu de la taille de l’avion.
  • Il était compliqué à remplir tout au long de l’année en raison de la saisonnalité de certaines liaisons.
  • L’A380 s’est trouvé en concurrence avec d’autres avions de Boeing (B777) ou même l’A350 d’Airbus, moins onéreux.

L’Europe, ultra-distancée dans l’Internet par les GAFAM, tous américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), aurait pu voler seule dans le domaine des très gros porteurs. Occasion manquée.

 

Xavier de Corsac

 

Actuailes n° 96 – 6 mars 2019


a380


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