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Le 20 mars 1811 : naissance du roi de Rome, fils de Napoléon Ier

Le 20 mars 1811 : naissance du roi de Rome, fils de Napoléon Ier

20-03-2019 à 06:17:07

Cher ami,

Je viens d’assister à la première du nouveau drame d’Edmond Rostand, L’Aiglon : un vrai succès ! Il faut dire qu’il s’est inspiré d’un personnage dont la vie fascinante fut une vraie tragédie teintée de romantisme.

Promis à la plus grande destinée, héritier d’un empire immense, il mourut en exil, à la fleur de l’âge, 
hanté par le souvenir de son père.

Pourtant, en ce 20 mars 1811, rien ne présageait 
son funeste avenir ; fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, deuxième épouse de l’Empereur, 
celui qu’on titra « roi de Rome » fut accueilli 
lors de sa naissance au palais des Tuileries avec un enthousiasme populaire extraordinaire. En tant qu’héritier légitime, il portait en effet en lui 
toutes les espérances de son père de consolider une dynastie naissante, celle des Bonaparte.

Hélas ! Cet enfant ne connut pas le destin pour lequel il était né : évincé par le Sénat en avril 1814 à la suite de la prise de Paris par les armées coalisées et l’abdication de son père, il fut pourtant reconnu empereur à l’âge de quatre ans, régnant sous le nom de Napoléon II, durant quinze jours, lors de la seconde abdication de Napoléon Ier en 1815. 
Mais il se trouvait alors en Autriche où sa mère avait trouvé refuge et son « règne » 
s’acheva lorsque Louis XVIII entra dans Paris.

Commença alors une existence empreinte de nostalgie. Son grand-père, François Ier d’Autriche, le titra duc de Reichstadt, ceci afin de faire oublier son ascendance française 
et son affiliation au trône impérial français. Écarté de la vie politique, mais protégé par 
son grand-père qui avait beaucoup d’affection pour lui, l’enfant grandit en n’entendant plus parler de son père, ni en bien, ni en mal.

Il obtint néanmoins l’autorisation de consulter les livres de la grande bibliothèque impériale de Vienne, si bien qu’il put réapprendre le français et redécouvrir son père en parcourant les ouvrages sur l’épopée napoléonienne. Puis il s’engagea dans une carrière militaire et sa mère lui fit alors cadeau du sabre qui avait appartenu à Napoléon lors de la campagne d’Égypte.

Malheureusement – ou heureusement pour certains qui voyaient en lui un objet de désordre politique en raison des espoirs que les nostalgiques de l’Empire ou certains peuples mettaient en lui – la tuberculose l’emporta à l’âge de vingt et un ans en 1832 à Schönbrunn.

L’Aiglon, fils de l’Aigle, était mort mais entrait dès cet instant dans la légende.

Bien à toi,

André

 

Actuailes n° 97– 20 mars 2019


napoléon 1er


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