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L'économie cubaine encore sanctionnée ?

L'économie cubaine encore sanctionnée ?

30-04-2019 à 17:47:00

L’administration américaine a annoncé ces derniers jours vouloir renforcer ses sanctions contre deux pays considérés comme défiant son hégémonie et son influence : Cuba et l’Iran.

 

Derrière les sanctions contre l’Iran, on devine une guerre commerciale à distance avec la Chine ou encore la volonté de faire plaisir à certains partenaires de long terme, notamment l’Arabie saoudite, ennemie jurée de l’Iran (pays chiite – les Saoudiens étant sunnites). L’Iran n’est pas le seul visé. Cuba est également dans le collimateur. C’est l’occasion de se pencher sur l’économie de ce pays.

L’île fut, pendant près de quatre siècles, une colonie espagnole, depuis sa découverte par Christophe Colomb jusqu’à la guerre d’indépendance cubaine de 1898, date à laquelle, de fait, elle passa dans le giron américain. Durant soixante ans, elle fut le paradis des touristes américains et de la mafia.

La révolution menée par Fidel Castro mit fin à ce régime en 1958. Après une tournée triomphale aux États-Unis en 1959, Casto céda finalement aux avances de l’URSS et choisit le camp soviétique.

Il choisit également le modèle communiste pour son économie. Cette dernière fut maintenue à bout de bras par l’URSS pendant trente ans, notamment par le rachat du sucre produit à Cuba à des prix supérieurs à la norme. Cela venait compenser la très faible productivité liée à toute économie communiste (absence de propriété privée et d’initiatives personnelles, bureaucratie, choix économiques effectués pour des raisons idéologiques, absence de secteur financier accélérant l’investissement…).

Avec l’effondrement de l’URSS en 1991, Cuba vécut des heures encore plus sombres (30 % de déclin du PIB). Cette époque fut appelée par Fidel Castro, « la période spéciale ». Bien que lentement libérée depuis quelques années (le secteur public truste toujours plus de 60 % des emplois), la bureaucratie perdure et une part importante des richesses est ponctionnée par le parti communiste et le clan Castro.

À l’exception du sucre, du rhum et du nickel, l’économie cubaine produit et exporte peu ; alors qu’elle importe beaucoup (pétrole, nourriture, équipements industriels). La plupart des Cubains vivent avec l’équivalent de vingt euros par mois, quand quarante sont nécessaires. Petits boulots et trafics compensent. Le PIB par habitant classe Cuba autour du 90e rang mondial.

Le tourisme progresse depuis de nombreuses années, mais sa manne reste ponctionnée par la nomenklatura cubaine. Une nouvelle constitution a vu récemment le jour, autorisant la propriété privée. Mais, de l’avis de nombreux experts, elle reste très théorique.

À quand un vrai dégel ?

 

 

Xavier de Corsac

 

Actuailes n° 99 – 1er mai 2019


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