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Charpentier-couvreur

Charpentier-couvreur

28-05-2019 à 23:08:34

Prendre de la hauteur ne lui fait pas peur ! Henri, charpentier-couvreur, nous livre 
tous les secrets de son métier, alors montez avec moi sur ce toit.

 

Pouvez-vous nous présenter le métier de charpentier-couvreur ?

Le charpentier construit le toit du bâtiment (maison, immeuble, abri, etc.). La construction d’une charpente, c’est de la géométrie appliquée : triangles, cercles et théorèmes m’accompagnent sur mon chantier. Ainsi la géométrie apprise à l’école sert pour développer la charpente !

À la main (ce que je préfère) ou sur un ordinateur, je dessine la charpente au 10e (dix fois plus petit qu’en réalité). Pour cela, je dois prendre les mesures du bâtiment sur le chantier, faire un dessin dix fois plus petit et calculer les mesures du matériel nécessaire pour la fabrication de la charpente en elle-même. Je fabrique ensuite les pièces en atelier, puis les emporte sur mon chantier.

Que préférez-vous dans ce métier ?

Ce qui me plaît le plus est ce qu’on appelle la vue tridimensionnelle. C’est-à-dire de passer d’un dessin à une réalité, l’imaginer dans sa tête avant de la créer. C’est ce que l’on demande souvent en cours de technologie : faire une vue en 3D d’un dessin. J’aime aussi le « jeu de construction » et d’emboîtement de mes poutres.

Homme d’extérieur et concret, je peux exercer mon métier de charpentier-couvreur en plein air. Il y a aussi un petit goût du risque, car monter sur un toit nécessite une grosse prise de risques, un faux pas peut être fatal.

Quelles sont les principales qualités 
qu’il faut avoir pour l’exercer ?

Tout d’abord physiquement, il ne faut pas avoir le vertige. Ensuite, il faut être solide, car nous travaillons en toute saison : nous avons froid l’hiver et chaud l’été.

La communication aussi est importante : en effet, nous travaillons en équipe, si nous ne savons pas nous faire comprendre de nos compagnons, nous construirons une tour de Babel !

Et enfin, il faut aimer la structure, le matériel que l’on travaille.

Quelles sont les études 
qu’il faut faire pour être charpentier ?

Dès la troisième, on peut partir en apprentissage. On apprend la conception, la taille de la charpente, le levage et le montage en lui-même.

Vous avez suivi votre formation 
à l’école des Compagnons, 
pouvez-vous nous la présenter ?

Les Compagnons propose de se former à un métier manuel en alternance et en se perfectionnant avec le « tour de France ». « Aimer son métier, l’approfondir et le retransmettre par le voyage », telle est sa devise. Héritier des corporations d’artisans de l’époque médiéval, le compagnonnage a gardé ses traditions et ses valeurs : goût du beau travail, rigueur, dépassement, transmission, partage…

La formation se découpe en deux parties. On part faire le tour de France en tant que stagiaire avec un diplôme de base (CAP, BEP ou autre). Le tour se définit en deux grandes parties. Nous sommes d’abord « adopté » aspirant compagnon et nous recevons le savoir des compagnons sédentaires et itinérants pendant les cours du soir (trois ou quatre ans durant). Puis, nous réalisons le « chef d’œuvre » et nous sommes « reçu » compagnon, mais nous sommes toujours itinérants (trois ans). Car nous transmettons à notre tour ce que nous avons reçu. Le tour de France, chez les compagnons charpentier, dure environ sept ans. Dans ce tour de France, on fait deux villes par an, une pour l’hiver et une pour l’été. Les anciens du tour de France s’occupent de nous trouver une « embauche » (entreprise) et un hébergement (le siège ou une « campagne » satellite du siège). Il y a également une vie en communauté, car nous prenons les repas ensemble et, de 20h à 22h, nous suivons les cours du soir.

Mon expérience chez les Compagnons a été très enrichissante. Pour moi qui suis croyant et pratiquant, j’ai dû apprendre à définir mes priorités. Le compagnonnage étant une communauté laïc, le risque de transformer son travail en une religion est très fort, la messe n’est pas prévu dans l’emploi du temps. C’était à moi de prendre le temps de mettre Dieu à sa juste place et de cheminer vers Lui (surtout avec Lui), mais cette fois-ci en temps que compagnon.

Je pense qu’une certaine maturité et une vraie volonté sont nécessaires pour s’épanouir  dans une de ces belles sociétés – le compagnonnage fonctionne par société, un peu comme le scoutisme fonctionne par mouvement !

 

Actuailes n° 101 – 29 mai 2019


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