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Boeing, les conséquences des récents drames

Boeing, les conséquences des récents drames

29-05-2019 à 06:35:57

Deux avions au tapis en moins de six mois : une série noire unique dans l’histoire de Boeing. Dans la foulée, les régulateurs mondiaux ont décidé d’interdire de vol l’avion en question. 
En attendant mieux. Pourquoi ? Et quelles sont les conséquences pour les compagnies aériennes, Boeing et Airbus ?

 

Selon de nombreux experts, ce problème vient de la conception du MAX. Cette version (livrée depuis 2017) inclut un moteur nouvelle génération, plus économe, mais plus volumineux. Ainsi, il a dû être positionné plus haut dans l’avion, entraînant un potentiel déséquilibre (et donc un risque de décrochage), corrigé par un logiciel activé par capteur.

Or, ce logiciel modifié a, par deux fois, provoqué une correction excessive et bloqué les commandes des avions avec les conséquences funestes que l’on sait1.

Pour les compagnies aériennes, cela signifie quatre cents avions ne pouvant voler et donc des milliers de vols annulés, des millions de tickets non vendus et d’importantes perturbations. Pour Boeing, le sujet est très complexe. Des reproches sont faits sur sa communication, son imprudence et ses liaisons (coupables ?) avec les régulateurs, alors que le B737 représente près de 80 % du carnet d’ordre2 (en unité) et une grande part des bénéfices (près de 50 %).

Si son interdiction de vol était prolongée de longs mois, si un troisième drame intervenait ou si la conception générale de l’avion devait être revue, les conséquences économiques seraient très lourdes.

Quant à Airbus, l’Européen ne va pas profiter des ennuis de l’Américain, au moins à court et moyen terme, car le groupe tourne déjà à plein régime, son carnet d’ordre étant fourni et ses usines bien remplies.

Dans tous les cas, quand on voit la guerre économique menée par les États-Unis depuis de nombreuses années contre l’Europe (et les lourdes ainsi que très discutables sanctions imposées par l’administration américaine à la BNP et Alstom en 2014), si Airbus était à la place de Boeing, sa potentielle mise à mort serait déjà discutée...

 

  1. Voir l’article Sciences du n° 98 d’Actuailes (3 avril 2019).
  2. Ensemble des ordres d’achat et de vente.

 

Xavier de Corsac

 

Actuailes n° 101 – 29 mai 2019

 


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