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Le Sultanat d’Oman, ce trait d’union

Le Sultanat d’Oman, ce trait d’union

29-05-2019 à 06:57:28

Saviez-vous que Sindbad le marin, intrépide navigateur dont les sept voyages sont fameux, a vécu l’essentiel 
de ses aventures dans une région côtière d’Arabie, appelée aujourd’hui le Sultanat d’Oman ? C’est possible. Mais aviez-vous entendu parler de la singularité 
géopolitique de ce coin du monde 
de nos jours ? C’est moins probable...

 

Dans une région secouée par les rivalités, le pays du vieux sultan Qabus est une pétromonarchie tout à fait à part qui parvient à entretenir un statut de médiateur entre de turbulents voisins.

Cette légitimité à être un tel trait d’union, il la tire d’abord d’une position géographique exceptionnelle, à l’ouverture du détroit d’Ormuz sur l’océan Indien, sorte de carrefour contrôlant un verrou stratégique par où transitent plus d’un tiers des ressources pétrolières mondiales.

Il la doit également à la stabilité de son État, fondé sur une histoire glorieuse, en particulier pour avoir repoussé les velléités portugaises au XVIIe siècle, puis établissant un véritable petit empire maritime. Très marqué par un protectorat britannique pacificateur jusqu’en 1971 et gouverné par un sultan que certains décrivent comme un monarque absolu mais éclairé, cet État a connu plus de quarante ans de paix et résisté aux soubresauts des printemps arabes de 2011.

Cette légitimité trouve enfin sa source dans la spécificité religieuse de ce royaume musulman, de tradition ibadite kharijite, s’appuyant sur les valeurs de dialogue, de contrat et de consensus, à l’écart de la dialectique que développent sunnites et chiites depuis le début de leur « grande discorde ».

Ces facteurs variés confèrent à Oman une étonnante et précieuse capacité à représenter un canal de dialogue en dépit des crises. Les tensions irano-saoudiennes en particulier y trouvent ainsi un espace de manœuvre diplomatique plus apaisé, chaque camp bénéficiant du truchement des représentants de cet îlot de stabilité capable de s’adresser à l’ensemble des acteurs, qu’ils soient Iraniens, Américains, Israéliens, Syriens, Yéménites, Chinois ou autres.

Au cœur de ce pays – qui n’est pas sans reproche mais qui incarne donc quelque chose d’unique –, l’opéra royal de Mascate brille depuis quelques années. Espérons qu’il demeure longtemps le symbole d’un État du Golfe arabique ouvert et paisible, capable de promouvoir tous les types de musiques. C’est peut-être l’une des clés de l’avenir de cette région.

 

Actuailes n° 101 – 29 mai 2019


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