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Proposition de la nouvelle loi PMA

Proposition de la nouvelle loi PMA

17-09-2019 à 21:21:00

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules rentre dans une phase 
de débat à l’Assemblée nationale (députés) avant son adoption sous forme de loi.

 

Une promesse de campagne

La PMA est un ensemble de techniques médicales permettant la procréation en dehors du processus naturel. Elle est actuellement réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme, mariés et en âge d’avoir des enfants, dont un problème de santé (infertilité ou maladies) empêche la grossesse. Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de l’ouvrir aux couples de femmes et aux femmes seules. Pour y répondre, la PMA doit désormais être votée au sein d’une loi qui commencera à être débattue le 24 septembre. À l’inverse du débat sur le « mariage pour tous » qui avait été vif, le gouvernement souhaite un débat apaisé. Mais qu’en sera-t-il vraiment ?

Les arguments des deux camps

Les promoteurs de la PMA, ultra-majoritaires au Parlement, ont pour volonté de réparer ce qu’ils considèrent comme une injustice. En effet, les couples de femmes et les femmes célibataires ne pouvant naturellement avoir des enfants, la loi devrait leur permettre de bénéficier des avancées médicales jusqu’ici réservées aux autres couples. Ils considèrent que leur désir d’enfants n’a aucune raison d’être entravé.

Ceux qui s’opposent à la PMA font valoir les graves dangers que porte cette loi. Tout d’abord, ils soulignent que le « droit à l’enfant » ne peut être supérieur « au droit de l’enfant », à savoir d’avoir un père et une mère. Il s’agit tout simplement de fabriquer dès leur naissance des orphelins de père, avec des conséquences psychologiques potentiellement très importantes.

Les opposants font également valoir que l’on détourne l’objectif de la médecine qui est de soigner et non de répondre à un désir. De plus, à l’heure où de nombreux médicaments sont peu ou mal remboursés, les opposants à la PMA refusent sa prise en charge par la Sécurité sociale. Enfin, de nombreuses voix soulignent que la PMA ouvre la voie à la GPA pour les couples d’hommes, à savoir le fait de faire porter un bébé par une femme qui l’abandonne à la naissance au couple qui l’a payée.

Les enjeux politiques

Les enjeux éthiques sont très forts, mais vont-ils pour autant devenir un enjeu politique ? En effet, il ne fait quasiment aucun doute que la loi sera votée à une large majorité. Les seules interrogations qui demeurent sont le contour exact de cette loi et l’ampleur de la mobilisation des Français contre la PMA. En effet, même si une forte majorité des Français semblent y être favorables, les opposants sont nombreux et motivés. Ils organisent une manifestation à Paris le 6 octobre afin de peser sur le débat. À l’heure où le mouvement des Gilets jaunes tente de repartir et où la colère monte contre la réforme des retraites, de fortes manifestations contre la PMA pourraient gêner le gouvernement. Première réponse le 6 octobre dans les rues de Paris.

 

Julien Magne

Actuailes n° 103 – 18 septembre 2019


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