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Batelier

Batelier

17-09-2019 à 21:56:00

Le regard pétillant de joie, Frédéric, batelier, navigue aussi bien avec les mots que sur son bateau. Je vous propose de monter 
à bord et de le suivre pour mieux connaître la vie de ces « marins d’eau douce » comme aime dire Frédéric avec humour.

Pouvez-vous nous présenter 
votre métier ?

Je suis commandant de paquebots de croisière fluviale. Autrement dit, marin d’eau douce ! Je gère et conduis un bateau de 135 m de long et 12 m de large, pouvant transporter cent quatre-vingts passagers qui viennent faire des croisières d’une semaine en moyenne. Ce type d’unité ne peut naviguer que sur les principales rivières ou fleuves ; pour la France : le Rhône, la Seine et la Gironde, mais on en trouve partout dans le monde : le Rhin, la Volga, le Nil, etc.

 

Quelles sont les qualités 
sont nécessaires pour l’exercer ?

Il faut d’abord être observateur pour apprendre ce métier. Un bateau réagit à de nombreux éléments invisibles – vent, courants… – et il faut apprendre à les repérer très vite car quelques secondes suffisent à ces mastodontes pour créer de gros dégâts.

Il faut être patient. Les amateurs de vitesse feraient mieux d’aller voir ailleurs. Il faut plutôt aimer regarder de magnifiques paysages défiler au fil de l’eau.

Il faut être humble, car, confronté en permanence aux éléments naturels, il faut toujours garder en tête que la nature est in fine toujours la plus forte. Il faut donc savoir la respecter et ne pas s’imposer à elle.

Et puis, bien sûr, il est primordial d’avoir de bonnes aptitudes de gestion humaine car cinquante-deux membres d’équipage sont sous la responsabilité, directe ou non, du commandant. Sans oublier les relations avec les passagers. Il vaut mieux éviter les vocations d’ermite !

 

Qu’aimez-vous le plus 
dans votre métier ?

J’ai exercé dans le transport fluvial de marchandises et de passagers. Dans les deux cas, j’aime contempler les berges de nos cours d’eau depuis un point de vue auquel on n’est pas habitué. J’aime énormément la sensation de se confronter en permanence aux éléments, en gardant bien en tête que ce sont eux qui gagneront à la fin, si on commet une imprudence.

 

Quels sont les moyens (études, expérience, tempérament) dont il faut disposer pour faire votre métier ?

Il y a l’éternel Centre de formation de navigation intérieure, qui formait les fils de bateliers du temps où ce métier se transmettait de père en fils. C’était avant que nos gros bateaux de croisière existent.

Il existe maintenant un bac professionnel (en Alsace ou dans la Drôme) qui dispense en trois ans une formation de matelot et permet de passer certaines qualifications requises plus tard pour exercer le métier.

Ensuite, il faut, dans tous les cas, justifier, grâce à un livret de service, d’un certain nombre de jours et d’années d’expérience pour pouvoir se présenter aux différents permis de conduire (appelés certificats de capacité).

Il existe par ailleurs un organisme géré par le Conservatoire  national des arts et métiers (CNAM) qui permet des reconversions dans le domaine ou des formations bac + 2 permettant d’obtenir les attestations de capacités professionnelles requises pour ouvrir une entreprise dans le secteur fluvial.

 

Quels conseils donneriez-vous 
à un jeune motivé qui souhaite naviguer ?

Le transport de passagers est en fort développement et nous manquons de personnes qualifiées dans ce domaine. Toutefois, pour une personne réellement motivée pour apprendre à diriger un bateau de rivière, je conseille vivement de commencer par travailler quelque temps dans le transport de marchandises. En effet, la navigation y est beaucoup plus dense et soutenue et l’apprentissage technique beaucoup plus efficace. Les compétences de management peuvent, à mon sens, s’acquérir par la suite.

 

Pour aller plus loin

Bac pro transport fluvial : http://www.lyc-mathis-schiltigheim.ac-strasbourg.fr/spip.php?rubrique47&lang=fr

 

Actuailes n° 103 – 18 septembre 2019


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