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9 novembre 1989 chute du mur de Berlin

9 novembre 1989 chute du mur de Berlin

13-11-2019 à 05:54:30

Samedi 9 novembre, l’Allemagne commémorait la chute du mur de Berlin.

Un peu d’Histoire

Ce « mur de la honte » a été construit en 1961 par les autorités communistes pour empêcher les citoyens de fuir la dictature. Il divisait l’Allemagne en deux pays, l’un libre et l’autre communiste.

Les habitants de Berlin-Est s’étaient retrouvés dans une prison à ciel ouvert et avaient perdu du jour au lendemain tous leurs proches restés dans les quartiers ouest.

De nombreux Berlinois tentaient de s’évader en franchissant le Mur, par des moyens très divers. Les évasions les plus célèbres se sont passées dans le coffre de voitures, dans les citernes de camions, sous des déguisements improbables, en montgolfière, à la nage, par des tunnels souterrains et même via un toggle rope1. Mais des centaines de Berlinois de l’Est sont morts, victimes des mines et des barbelés placés le long des 155 km de mur ou assassinés par les soldats chargés de garder le Mur.

Confrontés à cette captivité imposée et à l’impossibilité de s’exprimer librement, terrorisés par la surveillance et la répression des polices politiques (la Stasi en Allemagne de l’Est, la Securitate en Roumanie, l’UB en Pologne ou le KGB en URSS), les habitants se résignaient à ne jamais critiquer le régime, par crainte des délations de membres de leurs familles ou de proches. De même, ils s’organisaient pour contourner les interdictions, les files d’attentes omniprésentes et les pénuries alimentaires en important des produits de l’étranger ou en faisant du « marché noir ». Ils se réfugiaient surtout dans la musique ainsi que dans le sport.

La chute du Mur

La destruction du Mur commença le 9 novembre 1989 à la suite de grandes manifestations populaires et à l’affaiblissement du régime communiste en URSS. Dans la foulée, le régime d’Allemagne de l’Est s’effondra, suivi bientôt par tous les pays anciennement communistes d’Europe de l’Est et finalement de l’URSS elle-même en décembre 1991.

Très vite, l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest se réunifièrent dans la joie générale, les pays d’Europe centrale (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, etc.) devinrent des démocraties et la plupart de ces États entrèrent dans l’Union européenne.

Ces pays ont donné l’impression de se rallier au mode de vie de l’Ouest à une vitesse vertigineuse. Très vite, leurs économies étaient devenues capitalistes et toutes les entreprises contrôlées par le Parti communiste et l’État ont été vendues à des investisseurs privés. Les habitants découvraient les modes de consommation de l’Ouest, les grands centres commerciaux, la musique anglo-saxonne, les loisirs et les voyages. En réalité, cela faisait des années que les habitants de l’Est écoutaient clandestinement les radios de l’Ouest, bricolaient des antennes pour capter les télévisions interdites, faisaient circuler « sous le manteau » les magazines de mode et d’actualité de l’Ouest.

Mais cette fusion apparente s’est révélée, au fil des années, superficielle. Malgré tous les efforts d’investissement, les régions de l’ancienne Allemagne de l’Est connaissent encore aujourd’hui un taux de chômage très supérieur à la partie ouest. Les autres anciens pays de l’Est ont des économies en bonne santé, mais leurs niveaux de richesse par habitant restent loin des moyennes d’Europe de l’Ouest. De plus, les privatisations sauvages des grandes entreprises dans les années 1990 ont favorisé l’émergence d’une élite corrompue dont ont profité les mafias locales et étrangères.

Une cérémonie ambivalente

Les célébrations de samedi dernier près de la porte de Brandebourg à Berlin ont eu un goût amer. Les politiques se sont retrouvés, des feux d’artifices et des spectacles ont eu lieu.

Angela Merkel, le maire de Berlin et le président de la République fédérale ont tous les trois profité de l’importance de cet anniversaire pour attaquer leurs ennemis politiques d’aujourd’hui.

Il s’agit des Allemands dénonçant l’immigration islamo-africaine qui a explosé depuis dix ans. Le maire de Berlin les a accusés de vouloir « reconstruire des murs de colère et de haine ». De même, la plupart des pays d’Europe centrale sont désormais en opposition avec les dirigeants de l’Union européenne qu’ils accusent de devenir une dictature de type soviétique. Ils la trouvent trop agressive contre les valeurs traditionnelles de la famille et trop favorable à l’immigration.

On peut regretter qu’un tel moment historique n’ait pas pu être l’occasion d’une vraie communion entre les citoyens allemands et de réconciliation entre les pays de l’Union européenne, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest. Mais on peut aussi en profiter pour réfléchir sur ce qu’est une dictature. Surveillance et répression des masses par la police politique, contrôle des médias par l’autorité publique, interdiction de certains propos, embrigadement des enfants par l’école publique orientée vers la gloire du régime, volonté de construire un homme nouveau… Tous ces indices doivent être constamment surveillés par les citoyens des pays libres pour éviter de retomber un jour dans une quelconque dictature.

 

Siegfried

 

 Actuailes n° 106 – 13 novembre 2019

 


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