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Ramener la paix en Ukraine

Ramener la paix en Ukraine

11-12-2019 à 05:39:06

Ce lundi 9 décembre dernier s’est tenue à Paris une conférence réunissant les chefs d’État français, allemand, russe et ukrainien, pour ramener la paix en Ukraine.

À l’initiative du président français Emmanuel Macron, le but de ce sommet diplomatique est de ramener la paix dans l’est de l’Ukraine. Ce pays connaît un conflit interne depuis plusieurs années maintenant. Ce conflit a fait environ 14 000 morts depuis la fameuse « révolution de la place Maïdan » en 2014.  Il a aussi poussé trois régions de l’est du pays à quitter l’Ukraine pour se rapprocher de la Russie voisine. Comment est-il possible qu’un pays qui partage quatre frontières avec des pays de l’Union européenne connaisse une telle guerre à notre époque ?

Tout d’abord rappelons que l’Ukraine est un immense pays composé de plusieurs communautés linguistiques et religieuses, dont la réunion dans un seul et même État véritablement indépendant date de la fin de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1991. Auparavant, toutes ces communautés ont successivement fait partie de différents royaumes et empires au cours de l’Histoire : la région a ainsi été sous domination de nomades turcs au Moyen Âge avant d’être conquise par les Vikings qui y fondent le royaume slave de Kiev et se convertissent en-suite au christianisme orthodoxe vers l’an mille, grâce au roi Vladimir (connu comme Vladimir le Grand et saint Vladimir). 

Le royaume de Kiev commence ensuite son expansion vers l’Est et vers le Nord, en fondant de nombreuses villes dont la future Moscou et en combattant sans relâche les Tatars et les Mongols qui déferlent régulièrement des steppes asiatiques pour ravager l’Europe (on se souvient de Genghis Khan au XIIe siècle mais nombreux furent les conquérants mongols qui tentèrent de conquérir cette région durant tout le Moyen Âge).

Au fil du temps, Moscou devient le centre culturel des Slaves orthodoxes et le royaume se réorganise autour de cette nouvelle capitale, tandis qu’une part importante de l’Ukraine actuelle passe sous con-trôle des grands voisins européens (Pologne, Autriche-Hongrie) ou asiatique (Turquie ottomane). Finalement, après la révolution bolchevique de 1917 en Russie, l’Armée rouge envahit l’Ukraine et y installe un gouvernement fantoche soumis à Moscou, tout en massacrant les paysans locaux par millions pour imposer une société communiste. 

On comprend que la situation du pays soit compliquée quand l’Ukraine accède à l’indépendance en 1991 ; elle possède certes une industrie puissante et des terres parmi les plus fertiles du monde, d’immenses ressources minières et un accès à la mer Noire très stratégique pour la flotte militaire russe. Mais elle est divisée entre chrétiens orthodoxes et catholiques, entre personnes parlant russe et personnes parlant ukrainien et, surtout, ses élites politiques et économiques sont très fortement corrompues. Enfin, le pays est un point de passage obligé pour le gaz russe qui traverse l’Ukraine dans d’immenses tuyaux (des gazoducs) pour chauffer toute l’Europe de l’Ouest (dont probablement la maison de lecteurs d’Actuailes). Ceci constitue un mélange détonnant propice à attirer l’attention de la première puissance mondiale : les États-Unis.

C’est pourquoi, depuis les années 2000, l’Ukraine est au centre d’un jeu de pouvoir entre la Russie et les États-Unis, qui utilisent leur alliée – l’Union européenne – pour rattacher l’Ukraine à leurs intérêts stratégiques. L’instabilité politique larvée a finale-ment éclaté en 2014 en une vraie guerre entre le gouvernement central et trois provinces de l’Est (Crimée, Donetsk et Louhansk) qui souhaitent quitter l’Ukraine pour rejoindre la Russie.

Après cinq ans de guerres fratricides, il est tout à l’honneur de la France d’essayer de ramener les frères ennemis autour de la table des négociations pour consolider le cessez-le-feu et aider les belligérants à trouver les voies raisonnables d’une paix durable, au prix d’efforts et de sacrifices des deux côtés.

 

Siegfried

Actuailes n° 108 – 11 décembre 2019


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