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Pourquoi cette tension entre les États-Unis et l'Iran ?

15-01-2020 à 07:09:35

Les récentes tensions entre les États-Unis d’Amérique et l’Iran ont fait craindre à certains une troisième guerre mondiale. Même si le pire est toujours possible, ce scénario catastrophe est peu probable.

Une région vitale
pour les Américains

La région du Moyen-Orient, où se situent l’lrak et l’Iran, est une région stratégique. En effet, elle est très riche en pétrole et en gaz, dont l’économie mondiale a besoin pour fonctionner. Sans pétrole, il serait en effet difficile de faire rouler camions et voitures. Les usines seraient à l’arrêt. Et sans gaz la plupart des chauffages aussi. Or, les Américains sont la première économie mondiale et veulent donc assurer leur approvisionnement en pétrole et contrôler celui des autres.

Des Américains très présents

Après la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont investi la région, autrefois dominée par la France et surtout l’Angleterre. Ils ont en particulier développé un partenariat privilégié avec l’Arabie saoudite. Ils se sont également toujours déclarés protecteurs d’Israël. Les turbulences ont commencé en 1979 avec la chute d’un allié fidèle, le chah (roi) d’Iran. C’est aussi cette année-là que se développent les principaux mouvements djihadistes. Pour écarter tout rival et soutenir leurs alliés, les États-Unis ont renforcé leurs bases militaires dans la région, y ont vendu beaucoup d’armes et conduit des opérations. Ils ont mené deux guerres en 1991 et 2003 contre l’Irak de Saddam Hussein. La guerre de 2003 a coûté environ mille milliards de dollars. Et ce n’est pas fini, car ce chiffre pourrait être multiplié par six si on inclut les pensions1 à verser aux anciens combattants.

Des tensions répétées avec l’Iran

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont permanentes. En 1979 a eut lieu une prise d’otages de cinquante-deux diplomates de l’ambassade américaine de Téhéran (capitale de l’Iran) qui a duré 444 jours. L’Iran va également utiliser des alliés dans la région et est soupçonné d’avoir ordonné deux attaques majeures au Liban : en 1983 contre l’ambassade américaine de Beyrouth (63 morts) et, six mois plus tard, contre une base militaire située sur l’aéroport de Beyrouth (241 morts).

Ces attaques majeures marquent encore les esprits aux États-Unis, c’est pourquoi le chiffre de cinquante-deux cibles potentielles annoncées par Donald Trump fait référence aux cinquante-deux otages de 1979. Récemment, l’Iran avait multiplié les attaques contre des intérêts américains et ceux de ses alliés, sans que l’Amérique ne semble vouloir réagir. Ainsi, des attaques téléguidées par l’Iran ont visé des bases militaires américaines en Irak. Mais, plus grave, des manifestants ont tenté de pénétrer dans l’ambassade américaine de Bagdad, la capitale irakienne. L’Iran menace également directement les alliés des États-Unis. Il est soupçonné d’avoir soutenu une attaque massive de drones contre l’Arabie saoudite. L’Iran déclare également régulièrement vouloir rayer Israël de la carte du monde. Enfin, le président Trump a annoncé que d’autres attaques étaient en préparation.

L’assassinat par un drone d’un influent général iranien est donc un message fort envoyé aux Iraniens pour qu’ils corrigent leur attitude.

La suite ?

La crise actuelle marque donc la volonté des États-Unis de calmer les ardeurs de l’Iran dans la région. Sauf événement incontrôlé, la tension devrait retomber car personne n’a intérêt à une escalade de la violence. Du côté américain, les élections présidentielles ont lieu dans moins de vingt mois. Donald Trump devrait donc préférer éviter des crises néfastes pour l’économie et son image. Du côté iranien, une confrontation directe avec l’armée américaine, la plus puissante au monde (voir encadré ci-dessous) serait un suicide. De plus, son allié chinois a besoin de pétrole et devrait l’amener à la raison. C’est donc plus une partie d’échecs qui commence. Les Iraniens pour-raient ainsi lancer des attaques informatiques ou des attentats dans des pays comme le Liban. Ils pourraient surtout essayer de se venger au moment où Donald Trump sera le plus fragile, durant sa campagne électorale pour sa propre réélection.

Julien Magne

    Actuailes n° 109 – 15 janvier 2020

 

1. Pensions : retraites versées aux anciens militaires.


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