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L’Afrique à l’épreuve de la démocratie ?

15-01-2020 à 07:12:07

2020 sera un rendez-vous électoral majeur dans de nombreux pays, principalement d’Afrique de l’Ouest : des scrutins législatifs ou présidentiels se tiendront en Éthiopie, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Burkina Faso ou au Niger.
Quel est le bilan de la démocratie en Afrique et surtout quel avenir ?

Depuis 2013, vingt-cinq élections présidentielles se sont tenues en Afrique dont quinze ont été considérées comme libres et équitables. Pourtant chaque échéance électorale continue d’engendrer les mêmes maux : tentative préalable de modification de la constitution pour briguer un nouveau mandat – comme le font présentement Alpha Condé (Guinée) ou Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) – ou soupçons post-électoraux de tricheries – comme ce fut récemment le cas au Gabon. Sans parler de ces nombreux pays où la démocratie n’est que de façade : ainsi Paul Biya est-il président du Cameroun depuis 1982, soit… trente-huit ans au pouvoir ! Réalité africaine, impensable pour nos vieilles démocraties occidentales.

L’existence d’une démocratie est avant tout liée à celle d’un État souverain, ce que l’Occident a mis des siècles à obtenir et qui reste une utopie en Afrique noire. Si les printemps arabes ont ouvert la voie d’un sursaut démocratique, en particulier parmi la « jeunesse 2.01 », les États africains font encore face à de multiples impasses : incapacité à contrôler leur territoire administrativement2, absence de vivre-ensemble de sociétés, où les liens sont avant tout tribaux, et failles sécuritaires empêchant la tenue d’élections régulières dans certaines contrées…

Aujourd’hui, malgré une croissance supérieure à 5 % en moyenne depuis dix ans, la démocratie n’a pas endigué la pauvreté. Un dicton ivoirien nous rappelle d’ailleurs que « la croissance ne se mange pas », surtout dans des démocraties très dépendantes des matières premières (or, pétrole…) et qui nourrissent surtout les puissants… Le vrai défi de la démocratie en Afrique est donc aujourd’hui de développer son propre modèle, tenant compte des vraies aspirations de la société civile. En 2015, la jeunesse montante du Burkina Faso a d’ailleurs rappelé à Blaise Compaoré, contraint à la démission, que les dynasties n’étaient pas éternelles.

1. 50 % de la population africaine a moins de vingt ans.
2. Pays immenses où les frontières, créées lors de la décolonisation, ne tiennent pas compte des ethnies.

    Actuailes n° 109 – 15 janvier 2020




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