facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro
le premier tour des élections municipales

le premier tour des élections municipales

24-03-2020 à 20:44:00

Le 15 mars, les élections se sont tenues dans la plupart des communes, dans des conditions inédites et avec un record d’abstention historique : 55 % des Français ont boudé le scrutin.

Le premier tour des élections s’est déroulé dans une ambiance très particulière, puisque les citoyens étaient déchirés entre leur devoir de vote et leur devoir de confinement. Voter signifiait risquer la contagion – pour soi-même et pour les autres – et ce malgré les dispositions prises pour l’éviter. Des mesures exceptionnelles avaient été prises, avec du gel hydroalcoolique et des gants de protection pour les responsables des urnes, chargés également d’éviter tout attroupement dans les bureaux de vote.

Le second tour a en revanche été reporté pour les 4 992 communes qui n’ont pas pu élire leurs conseillers municipaux dès le premier tour. La date du second scrutin n’a pas encore été fixée mais il devrait avoir lieu en juin 2020. Édouard Philippe, toujours Premier ministre à ce jour, a cependant précisé que cette date serait invalidée si l’épidémie n’était pas contenue à ce moment. Le 10 mai au plus tard, le gouverne-ment rendra un rapport sanitaire au Parlement pour qu’il puisse statuer sur la tenue du second tour en fonction des risques du scrutin et de la campagne électorale qui doit le précéder. 

Après ce premier tour, 3 253 communes de moins de mille habitants n’ont que partielle-ment constitué leur conseil municipal, 1 669 communes ne l’ont pas du tout élu et 106 communes n’avaient aucun candidat ou liste. 

Dans les communes de plus de 3 500 habitants, c’est-à-dire 2 960 villes en France, les listes candidates se voient attribuer une étiquette politique par la préfecture de police. Ainsi, un premier classement peut être établi pour savoir quels partis ont été le plus plébiscités par les Français.

En l’occurrence, cette année, sorti des étiquettes « Divers droite » (23,35 % des votes), « Divers gauche » (20,39 %), « Divers centre » (11,42 %), « Divers » (9,53 %) et « Union de la gauche » (6,92 %), ce sont Les Républicains (LR) qui arrivent en tête des partis dits traditionnels, avec 6,29 % des voix. Ils sont suivis par Europe Écologie-Les Verts (EELV), qui réalise une poussée avec 3,21 % des voix. Leur succès est ainsi particulièrement visible à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours ou Besançon. Vient ensuite le Rassemblement national (RN), avec 3,12 %, qui semble bien parti pour conquérir ou garder plusieurs villes telles que Perpignan, Béziers, Fréjus, Hénin-Beaumont. Ces partis sont suivis par l’Union de la droite, le parti socialiste, La République en Marche, le parti communiste français et, enfin, parmi d’autres partis moins connus, La France insoumise, le MoDem, Debout la France et les Gilets jaunes.

Cependant, le report du second tour ne fait pas consensus. Dans certaines villes, le maire sortant n’est pas candidat à une réélection, mais il continue malgré tout à officier jusqu’à la tenue du second tour et la publication des résultats. Cela signifie que, alors que le maire sortant n’est normalement en poste que pour une semaine entre le premier et le second tour, cette année, il est en poste pour plusieurs mois.

Certains – électeurs ou anciens élus – considèrent que le premier tour n’au-rait pas dû avoir lieu et qu’il doit être annulé et reporté, d’abord à cause d’un calendrier perturbé, mais aussi à cause du taux d’abstention : un maire élu à 44 % est-il légitime ? Une pétition tourne donc pour l’annulation du premier tour pour, selon les mots d’un maire honoraire – ou ex-maire –, ne pas « ajouter une crise démocratique à la crise sanitaire ».

 

Comment fonctionnent les élections municipales ?

Les maires sont élus pour six ans et le scrutin est « proportionnel avec prime majoritaire », pour les communes de plus de mille habitants. Autrement dit, chaque liste concourt pour mettre autant de personnes que possible
au conseil municipal. Ce conseil est constitué selon la proportion de votes recueillis par chaque liste, avec une « prime » pour la liste en tête, qui obtient d’emblée la moitié des sièges du conseil.

Ce scrutin se déroule en deux tours.
Si, au premier tour, une liste obtient 10 % de voix au moins, elle peut aller au second tour.
Si elle obtient au moins 5 % des voix, ses candidats peuvent s’insérer dans une autre liste.

Pour les communes de moins de mille habitants, les citoyens peuvent voter pour des candidats
de plusieurs listes différentes. C’est ce qu’on appelle un scrutin « majoritaire plurinominal » avec panachage. La taille du conseil municipal varie en fonction de celle de la ville.  

 

Adélaïde Hecquet

    Actuailes n° 113 – 25 mars 2020


municipales


Imprimer