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Poursuivre l’apprentissage 
du français à l’étranger

24-03-2020 à 22:25:00

Juliette de Chaillé habite en Californie (États-Unis), elle est responsable du « programme français pour enfants expatriés » du Cours Griffon.

Combien y a-t-il de Français vivant à l’étranger et comment leurs enfants sont-ils scolarisés ?

En 2020, environ 2 millions de Français vivent à l’étranger (1 million en Europe, 1 million dans le reste du monde), soit près de 3 % de la population française. On dit qu’ils sont expatriés (du grec exô « en dehors de » et patris « la patrie »). 

Il y a 500 000 enfants expatriés : un enfant sur quatre est scolarisé dans un établissement français à l’étranger (il y en a 496 dans le monde). Les autres sont scolarisés dans le système scolaire local (américain, britannique, allemand, etc.), dans la langue locale. Beaucoup parlent français à la maison avec leurs parents. Certains font l’école à la maison (« homeschooling »).

Comment les enfants qui ne vont pas à l’école française font-ils pour continuer à apprendre le français ?

Cela dépend beaucoup de la situation de leurs parents. Certains ne cherchent pas nécessairement à ce que leurs enfants sachent écrire parfaitement le français, notamment ceux qui ne comptent pas rentrer en France un jour. Ils souhaitent simplement que leurs enfants sachent bien parler le français pour pouvoir communiquer avec leur famille (grands-parents, cousins, etc.).

D’autres familles partent à l’étranger pour une durée déterminée, parfois trois à cinq ans, et prévoient leur retour en France. Dans ce cas, il faut préparer les enfants à réintégrer le système scolaire français : ce n’est pas facile car chaque système a ses particularités (sa « culture scolaire ») et il faut parvenir à maintenir son niveau de français écrit (grammaire, orthographe, conjugaison, expression écrite…). Cela demande du travail ! Comment faire lorsqu’on va déjà à l’école américaine ou anglaise toute la journée ? Une solution peut être de suivre des cours par correspondance après l’école (eh oui, ils sont courageux, ces expatriés !). 

Le Cours Griffon, par exemple, propose aux enfants expatriés de primaire de suivre le programme de CE1, CE2, CM1 et CM2 en 3 heures par semaine. Ils travaillent à leur rythme, avec leurs parents ou avec un tuteur, et se rassemblent parfois en petites classes pour travailler ensemble.

Finalement, est-ce un avantage ou un inconvénient d’être bilingue ?

Être bilingue, c’est avoir la faculté de s’exprimer aisément dans deux langues différentes sans préférence particulière, à l’écrit comme à l’oral. C’est aussi maîtriser en partie les deux cultures (références historiques, littéraires, humour, etc.). Le bilinguisme apporte de nombreux avantages : 

Une plasticité cérébrale et une concentration plus développées : une personne bilingue a plus de facilités à appréhender des modes de pensées différents. À chaque fois qu’elle parle, les deux langues sont actives, le cerveau doit alors créer des stratégies pour faire abstraction temporairement de l’une des deux et cela développe la concentration. 

Une facilité pour apprendre d’autres langues.

Une ouverture sur le monde : en favorisant la communication avec autrui, le bilinguisme apporte davantage de facilités à apprécier et comparer les différences culturelles.

Mais être bilingue est aussi un vrai défi ! Le passage d’une langue à l’autre peut engendrer une réelle fatigue, surtout au début. 

Et puis, que faire pour l’apprentissage de la lecture ? Apprendre à lire en même temps dans les deux langues ou attendre de maîtriser l’une avant de commencer l’autre ? Il est souvent possible d’apprendre à lire en même temps dans deux langues, mais cela demande de la patience et de la persévérance car tout peut se mélanger au début.

Le bilinguisme est aussi très exigeant, il demande aux enfants de travailler dans les deux langues, après l’école et le week-end.

Enfin, le bilinguisme peut parfois donner le sentiment d’être un peu déraciné, perdu entre deux cultures : on a l’impression de ne bien maîtriser ni l’une ni l’autre, d’être décalé lorsqu’on rentre en France. On parle d’« enfants de la troisième culture » (« Third Culture Kids ») : ils ont des liens avec plusieurs cultures, mais ne se réfèrent complètement à aucune. Poursuivre l’apprentissage de leur langue maternelle est alors un élément essentiel pour les aider à se construire une identité culturelle propre.

 

Alix, neuf ans,
scolarisée à l’école américaine et élève de CM1 avec le Cours Griffon :

« Je suis française, mais je n’ai jamais habité en France et je ne suis jamais allée à l’école française ! Bizarre ! Pourtant, je sais écrire le français car depuis le CP je fais du français après l’école. Cette année, le mardi et le jeudi après-midi, avec des amis français, je fais le programme de CM1 : pendant 1h30, on fait de la grammaire, des dictées, des rédactions et on apprend même des poésies (ce que je préfère !). Ma tutrice m’envoie des messages vocaux pour m’encourager. »

 

 

Actuailes n° 113 – 25 mars 2020

 

 




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