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Le vaudou en Afrique

Le vaudou en Afrique

13-10-2020 à 20:07:00

L’Arbre à palabres vous invite cette semaine sur les traces du vaudou, religion originaire de l’ancien royaume du Dahomey (Afrique de l’Ouest).
Si le Bénin est souvent considéré comme le berceau du vaudou, c’est pourtant dans le pays voisin, le Togo, que l’on rencontre le plus grand marché vaudou d’Afrique de l’Ouest : le marché des féticheurs de Lomé.

Souvent assimilé à des pratiques occultes voire à de la sorcellerie, le vaudou provient avant tout des croyances de certaines tribus africaines qui se sont déformées avec la pénétration du christianisme puis de l’esclavagisme sur le continent. Il s’agit essentiellement de « magie » considérée par beaucoup comme maléfique et qui se caractérise par des rites d’« incorporation », par des sacrifices d’animaux, la croyance aux morts vivants ou encore la pratique de la sorcellerie sur des poupées à épingles dites poupées vaudou.

Autant dire que la pratique de cette religion animiste (qui attribue une âme à tout : êtres et choses) était interdite par les colons, passible de mort ou d’emprisonnement et se pratiquait par conséquent en secret. Elle s’est néanmoins étendue à l’Amérique et aux îles Caraïbes, Haïti en particulier.

Sur le marché des féticheurs de Lomé, où nous nous sommes rendus, le commerçant nous désigne avec fierté ses produits : des crânes d’animaux, des peaux de bête, des cornes de bœuf, de petits fétiches sculptés, des carcasses et des plumes d’oiseaux. En bref, tous les « ingrédients » censés être pourvus de qualités magiques et que les féticheurs utilisent pour la composition des fétiches, des poudres, ou pour guérir des maladies. On vient de partout en Afrique, à la recherche de « quelques produits » recommandés par un guérisseur.

En la matière, il existe des fétiches pour tous les maux et besoins : ceux qui vous mettent à l’abri des accidents ou de l’empoisonnement, vous procurent l’amour, la chance, la sécurité dans votre maison et rendent prodigieuse votre mémoire. « Sur ce marché, les gens viennent pour se faire guérir s’ils ne trouvent pas satisfaction à l’hôpital. Ils viennent voir les féticheurs qui prescrivent des produits dont nous disposons » avant de se rendre dans un des cabinets de consultation du marché, appelés « couvents », où officient une centaine de guérisseurs et de féticheurs, chargés de traiter avec les esprits via des talismans et autres amulettes.

Une visite hors du temps donc, pour une pratique dont chacun se fera son idée et qui reste aujourd’hui répandue : elle aurait 55 millions d’adeptes dans le monde et un festival a lieu chaque année en janvier à Ouidah (Bénin).

Actuailes n°121 - 14 octobre 2020


vaudou


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