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Tensions en Ethiopie avec le peuple de Tigré

Tensions en Ethiopie avec le peuple de Tigré

24-11-2020 à 19:38:00

Un an après que son Premier ministre a reçu le prix Nobel de la paix, l’Éthiopie est en guerre à l’intérieur de ses frontières. Retour sur la genèse de ce conflit et les répercussions – en particulier humanitaires – que cela pourrait avoir dans ce pays.

En avril 2018, Abiy Ahmed est nommé Premier ministre de l’Éthiopie : il est le premier homme politique de l’ethnie oromo à occuper cette fonction, alors que les élites originaires de la région du Tigré (représentant 6 % de la population, au nord du pays) dominent la scène politique depuis trente ans.

Dans les mois qui suivent, il prend rapidement des décisions qui sont interprétées comme des offenses directes contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) : il limoge tout d’abord deux hauts cadres issus de ce parti, dont le chef d’état-major général de l’armée, avant de signer à Asmara en septembre 2018 la paix avec l’Érythrée, pays voisin et ennemi héréditaire. Ce second fait lui vaut le prix Nobel mais renforce l’idée qu’il veut mettre le Tigré à l’écart. Le parti tigréen bascule dans l’opposition.

L’organisation en septembre 2020 d’élections régionales dans le Tigré, contre l’avis de la capitale Addis Abeba, et dont le TPLF sort vainqueur, puis l’attaque d’une base militaire sont des exemples clairs de la détermination régionaliste du Tigré contre la volonté unificatrice du Premier ministre Abiy Ahmed. Tout est dès lors réuni pour basculer dans un conflit armé, scénario inenvisageable il y a quelques mois.

Dans cette région déjà instable et enclavée, il est compliqué de se faire une idée précise du bilan humain actuel, les victoires revendiquées par chaque camp étant difficilement vérifiables.

Mais tout ceci pourrait surtout avoir des conséquences humanitaires dramatiques : un flux quasi ininterrompu de réfugiés transite déjà vers le Soudan depuis le début du conflit. Cela pourrait aussi entraîner la propagation du conflit à d’autres régions (déjà régulièrement en proie à des violences intercommunautaires) voire à la Corne de l’Afrique1, en commençant par remettre en cause l’accord de paix difficilement obtenu avec l’Érythrée.

1. Nom donné à la pointe est de l’Afrique, incluant en particulier l’Éthiopie, Djibouti et l’Érythrée.

Guillaume

Actuailes n° 123 – 25 novembre 2020


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