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  La Ruelle  de Johannes Vermeer (1632-1675)

La Ruelle de Johannes Vermeer (1632-1675)

27-01-2021 à 07:24:51

Cette scène de rue est l’une des deux seules peintures d’extérieur que nous ait laissées Vermeer.

 

Dans ce fragment de quartier, quelques personnages vaquent à leurs occupations : une femme est assise dans sa maison, porte ouverte sur l’extérieur. Elle seule montre son visage, à peine esquissé. Peut-être profite-t-elle de la lumière du jour pour travailler à son ouvrage.

À moins que ce ne soit un moyen de voir ce qui se passe à l’extérieur ou de surveiller les deux enfants qui jouent devant la maison (ce sont les seuls enfants de toute l’œuvre de Vermeer). Nous ne devinerons pas leur jeu, pas plus que nous ne pourrons déterminer ce qui occupe la femme, penchée sur un tonneau, visible par l’encadrement d’une porte donnant sur une cour intérieure.

Aucun de ces quatre personnages ne se tourne vers les spectateurs, aucun n’est identifiable. Tous semblent faire partie du paysage, sans vraiment animer cette rue apparemment si calme. La vie domestique s’écoule, simple et quotidienne.

Le ciel est gris et ce n’est pas du soleil que provient la luminosité du tableau, mais plutôt de la base claire des murs, peints à la chaux.

Vermeer nous entraîne dans une rue de Delft, ville flamande qu’il habitait. La maison du premier plan montre un beau pignon à gradins, caractéristique de l’architecture du nord de l’Europe. Il forme comme un escalier et cache le toit. Certains y voient un souvenir des fortifications crénelées, mais son intérêt est uniquement ornemental. Cette façade caractéristique occupe la moitié du tableau. Les autres pignons, sur des maisons plus basses, sont plus simples, triangulaires. Entre ces toits, le ciel forme un triangle inversé.

Les détails sont d’une extrême précision, on pourrait presque sentir sous les doigts le grain des murs de brique, en percevoir les moindres fissures, tant l’usure des matériaux est représentée avec précision.

La perspective est parfaite, les bâtiments successifs nous emmènent très loin, vers un ciel où s’accumulent les nuages. Le tracé du pavage et le caniveau, servant à l’écoulement des eaux, participent à l’impression de profondeur du tableau. L’alternance des volets ouverts et fermés, rouges et verts, rythment la composition.

Sur le mur blanc de gauche, la signature se laisse deviner : I·VMeer

Sophie Roubertie

Actuailes n°126 - 27 janvier 2021




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