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Les conséquences de la baisse de la natalité en france

Les conséquences de la baisse de la natalité en france

09-02-2021 à 15:16:00

Selon le bilan démographique 2020 de l’Insee, la natalité a diminué sur tout le territoire.
Elle a atteint son taux le plus bas depuis 1945, un constat inquiétant pour le renouvellement de la population française.

En 2020, les femmes ont en moyenne 1,84 enfants, contre 1,86 en 2019. Ce taux de fécondité très bas est une mauvaise nouvelle pour le renouvellement des populations. En effet, comme il faut deux personnes pour concevoir un enfant, pour qu’une population se renouvelle sans diminuer, il faut que chaque couple ait au moins deux enfants. Et comme le taux de fécondité se calcule en enfants par femme, cela signifie que ce taux doit être au minimum de deux enfants par femme. Au-dessus de ce chiffre, on assiste à une croissance démographique, c’est-à-dire que la population est de plus en plus nombreuse, en-dessous, c’est une décroissance démographique.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse

De prime abord, on pourrait attribuer la baisse de la natalité à la crise sanitaire. Depuis un an, les mesures gouvernementales et les évolutions de la pandémie ne portent pas à faire des projets ou à fonder une famille. Partout en Europe, les individus en âge d’avoir des enfants renoncent, temporairement ou définitivement, à ce projet. Ainsi, 37 % des Italiens qui avaient prévu d’avoir un enfant en 2020 ont reporté ce projet et 21 % l’ont tout simplement abandonné. Même son de cloche chez les Français, dont 51 % ont choisi d’attendre des jours meilleurs et 17 % ont définitivement renoncé.

D’après Demographic Research, en Espagne, en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, la majorité des 18-34 ans prévoyant d’avoir un enfant en 2020 ont choisi d’attendre. Les couples peuvent faire ce choix, soit à cause d’un deuil dû à la covid-19, soit parce qu’ils l’ont eue eux-mêmes et souhaitent se soigner avant d’avoir des enfants, soit parce que la situation les angoisse. Enfin, comme les célibataires ont fait moins de rencontres que les années précédentes, ils représentent autant de couples en moins qui pourraient songer à avoir un enfant.

Mais la covid-19 n’est pas la seule responsable. On observe, depuis le milieu des années 1990, une diminution du nombre de femmes entre vingt et quarante ans, c’est-à-dire une baisse du nombre de femmes en âge de procréer. Cette donnée est à rapprocher du vieillissement général de la population en France. Il existe d’autres raisons au report des « projets bébé ». La carrière des couples, qui souhaitent travailler avant de s’investir dans une famille, peut en être une. Entre vingt et quarante ans, les femmes sont de plus en plus nombreuses à souhaiter se consacrer à leur travail. Des considérations d’ordre écologique peuvent, dans une moindre mesure, entrer en ligne de compte. Une part croissante de la population considère qu’il est écologiquement irresponsable d’avoir un enfant, car il génère de la pollution.

De lourdes conséquences à long terme

Les 740 000 naissances survenues en 2020 (1,8 % de moins qu’en 2019) paraissent d’autant plus inquiétantes quand on les rapproche du nombre de morts : 658 000 en 2020. Cette tendance risque de se poursuivre en 2021 et même de s’accroître. Certains hôpitaux remarquent ainsi des baisses de 30 % des accouchements depuis le début de l’année, par rapport à janvier 2020.

En 2020, la population française a augmenté de 0,3 %. La moitié de cette augmentation est due au solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les naissances et les morts. L’autre moitié est due au solde migratoire, soit la différence entre l’immigration et l’émigration. L’immigration concerne les personnes étrangères qui viennent habiter en France et les Français expatriés qui reviennent sur le territoire national. L’émigration concerne les personnes, étrangères ou françaises, qui quittent la France pour aller vivre ailleurs.

Cette baisse de la natalité pose un vrai problème à long terme : les enfants qui ne naissent pas en 2020 sont autant de travailleurs en moins de 2040 à 2080. Cela signifie plus de difficultés pour payer les retraites, moins de travailleurs sur le marché, donc des difficultés de fonctionnement pour les entreprises, mais aussi moins de recettes pour l’État via les impôts. Le recul de la natalité peut s’observer depuis une dizaine d’années.

Adélaide Hecquet

Actuailes n°127 - 10 février 2021


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