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2021 : année Napoléon

2021 : année Napoléon

23-03-2021 à 19:26:00

Il y a deux cents ans, le 5 mai 1821, mourait un homme dont les ambitions ont bouleversé l’Europe pendant une vingtaine d’années : Napoléon Bonaparte. En cette année de bicentenaire de sa mort, replongeons-nous dans la vie de cet homme qui a forgé une partie de l’Histoire de France et de l’Europe.

Né en 1769, il était officier d’artillerie lorsqu’a débuté la Révolution. Les guerres de cette période lui permirent de monter rapidement en grade et de mener de brillantes campagnes. Il prit ensuite le pouvoir en tant que Premier Consul par le coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), puis se couronna empereur des Français le 2 décembre 1804. Il se maintint à la tête de l’État une dizaine d’années, jusqu’à ce que les victoires des nations européennes coalisées le contraignirent à abdiquer deux fois : en 1814 puis en 1815, après une brève tentative de reprendre le pouvoir. Il est alors emmené en captivité par les Anglais sur l’île de Sainte-Hélène, au beau milieu de l’océan Atlantique sud, où il mourut quelques années plus tard.

S’il a pacifié la France après les troubles de la Révolution, fixant dans le marbre les idéaux de cette période, comme la fin de la société en trois ordres ou la diminution de la place de l’Église dans la société, il a porté à travers l’Europe ces mêmes idées.

La politique extérieure de Napoléon a été une politique de guerres de conquête visant à dominer l’Europe et plus particulièrement l’Angleterre. Jeune officier d’artillerie au début de la Révolution, cette époque et les troubles qu’elle a engendrés donnèrent à Napoléon Bonaparte l’occasion de se démarquer en faisant preuve de ses talents de stratège : peut-être as-tu entendu parler du siège de Toulon par les Anglais en 1793 ? La levée du blocus fut pour le jeune officier corse la première occasion de gloire. Son importance ne fit que croître et, en 1797, il fut général en chef des armées en Italie. Alors que ses troupes étaient démoralisées et mal équipées, il a remotivé les soldats et la campagne prit alors un nouveau tour : l’armée vola de victoire en victoire et Napoléon Bonaparte négocia la paix avec l’Autriche. Sais-tu que c’est à la suite d’une victoire de cette campagne d’Italie que fut composée la chanson Fanchon, par le général Lasalle, qui voulait louer le comportement d’une cantinière au cours de la bataille de Marengo ? C’est du moins ce que raconte la légende...

Après l’Italie, il fit campagne en Égypte et en Syrie en 1798. Puis, une fois au pouvoir en tant que Premier Consul puis empereur, Napoléon engagea son armée contre l’Angleterre et les coalitions qu’elle fomenta contre la France avec toutes les puissances d’Europe : l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, la Russie.

Pour faire la guerre à l’Europe pendant une décennie, il fallait une armée nombreuse et bien organisée. La conscription permettait de lever des hommes et les pays alliés ou soumis à la France envoyaient leur propre armée se joindre à celle de la France : pour la campagne de Russie, il y avait au départ 120 000 hommes de vingt nationalités différentes !

Mais il n’y avait pas que des hommes dans les armées : on y trouvait aussi des femmes et même des enfants. Certaines femmes étaient autorisées à suivre l’armée comme cantinières, vivandières et blanchisseuses : elles prenaient soin du linge, servaient à boire et à manger et vendaient de menus objets, comme des lacets, du papier à lettre, du tabac. Souvent, elles étaient les seules à avoir une marmite et donc à pouvoir cuisiner des repas chauds ou du café, sur les bivouacs et après les combats. Pendant les batailles, elles participaient rarement au combat les armes à la main, même si certaines l’ont fait. Surtout, elles allaient de soldat en soldat avec un petit tonneau d’eau-de-vie en bandoulière et elles leur proposaient à boire : pour charger le fusil, il fallait déchirer la cartouche de poudre avec les dents, ce qui asséchait la gorge.

Ces femmes étaient souvent les épouses des sous-officiers : elles préféraient suivre leur mari que de rester à l’attendre au pays. Elles étaient accompagnées de leurs enfants, qui étaient les mascottes du régiment, avant de s’engager comme enfants de troupe dès qu’ils en avaient l’âge, c’est-à-dire vers dix ans. Ils étaient d’abord tambours, avant de devenir soldats dès qu’ils avaient assez de force pour manier un fusil. Nombre de ces enfants, de leurs mères et des soldats des armées napoléoniennes moururent sur les champs de bataille de l’Europe, mais beaucoup rentrèrent aussi en France à la fin de l’épopée napoléonienne et contribuèrent par leurs souvenirs à bâtir la légende dorée de l’empereur. Certains d’entre eux furent décorés pour leur bravoure au cours des combats. En 1857, Napoléon III, neveu de Napoléon Ier, institua la médaille de Sainte-Hélène, qui fut attribuée à tous les anciens soldats des armées napoléoniennes, hommes ou femmes.

Cécile Larroque et Cécile Cazaumayou

Actuailes n°129 - 24 mars 2021


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