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Belmondo, le Magnifique

Belmondo, le Magnifique

14-09-2021 à 20:55:00

Le cinéma français vient de perdre une de ses icones. La République lui a même rendu un hommage national aux Invalides ! Il n’en fallait pas moins, en effet, pour honorer celui qui a su incarner un certain esprit français.

Jean-Paul Belmondo est né à Neuilly en 1933 dans une famille d’artistes, son père Paul était un sculpteur reconnu. Fortement indiscipliné, il a fréquenté les meilleurs établissements parisiens dont il s’est fait renvoyer tour à tour ! À seize ans, après avoir envisagé la boxe professionnelle le temps d’une saison, il décide de devenir comédien. Au Conservatoire, où il n’est admis qu’à la troisième tentative, il se lie d’amitié avec une poignée de jeunes talents, tel Jean Rochefort.

Peu encouragé par ses professeurs, la Comédie française ne l’accepte pas comme sociétaire (son rêve), mais il peut monter sur les planches et ne cesse de jouer. Le hasard le met sur le chemin du cinéaste Jean-Luc Godard qui l’emploie dans un court métrage, prémices de la Nouvelle Vague, un courant intellectuel important.

C’est Claude Chabrol qui lui donne un second rôle, puis Godard encore qui lui offre son premier rôle dans À bout de souffle (1961), au succès mondial. Belmondo enchaîne alors films sur films : près de quarante en dix ans. Il est tour à tour sous la direction de Claude Sautet (Classe tous risques), Henri Verneuil (Un singe en hiver, Cent mille dollars au soleil), Vittorio De Sica (La Ciociara), Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre), Philippe de Broca (L’Homme de Rio), François Truffaut (La Sirène du Mississippi), Louis Malles (Le Voleur), Édouard Molinaro, Jacques Deray…

Très vite, il choisit un cinéma de divertissement. Il devient, dès les années 1970, « Bébel » : frondeur mais juste, désinvolte mais déterminé, moqueur mais gentil, courageux et modeste, fantaisiste, séducteur… Il est l’acteur préféré des Français, juste après Louis de Funès, avec des succès devenus des classiques comme Le Magnifique de Broca, Le Professionnel de Lautner ou Peur sur la ville de Verneuil.

Ayant fondé sa propre maison de production, il additionne les rôles de justicier, se prêtant à mille cascades dans une autre quarantaine de comédies populaires. Mais l’essor de son personnage s’érode dans les années 1980 et Belmondo délaisse le cinéma pour remonter sur les planches, sa première passion, où il retrouve avec succès son public dans des comédies classiques. Peu récompensé par le cinéma, il lui faudra attendre 1988 avec Itinéraire d’un enfant gâté de Lelouch pour se voir décerner un César, qu’il ne viendra pas chercher ! Contraint par sa santé à renoncer aux planches et aux plateaux dès 1999, il a reçu une Palme d’honneur en 2011 (Cannes) et un hommage vibrant et sincère de toute la profession aux Césars de 2017. Il s’est éteint à quatre-vingt-huit ans. Nous garderons toujours le souvenir de son sourire d’enfant heureux.

Catherine Bertrand

Actuailes n° 134 - 15 septembre 2021




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