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Aîe ça brule : la transmission des informations nerveuses

Aîe ça brule : la transmission des informations nerveuses

12-10-2021 à 18:02:00

Le 4 octobre dernier, deux Américains, David Julius et Ardem Patapoutian, ont été nommés pour le grand prix Nobel de médecine et physiologie en raison de ce qu’ils ont étudié et approfondi sur la transmission des informations nerveuses. Qu’ont-ils découvert ?

Qui d’entre vous n’a pas expérimenté ce phénomène désagréable, voire douloureux, de brûlure en s’approchant trop près du fer à repasser ou bien d’une bougie ?

Mais vous êtes-vous déjà demandé comment votre cerveau l’avait décrypté pour vous en faire prendre conscience et vous en éloigner par protection ?

Le système nerveux est composé du cerveau et d’un réseau de nerfs parcourant tout l’organisme. Il commande et contrôle l’ensemble du corps (fonctions intellectuelles, perception, mouvements, équilibre…) grâce à l’influx nerveux, une transmission électrique qui se propage entre les neurones. Le cerveau en est le chef d’orchestre, il traite les informations qui arrivent de tout le corps, par les sens, et donne ensuite des ordres à nos muscles, etc. Ainsi, des neurones apportent les informations au cerveau (ma soupe est bouillante), qui les traite et pourra également donner des ordres aux différentes parties du corps (recracher la soupe !). 

Voilà ce que l’on sait, mais il nous manque beaucoup de données extrêmement fines sur la façon dont cela arrive très précisément.

Et c’est ce que David Julius et Ardem Patapoutian ont éclairci en partie. Grâce à la capsaïcine, un composé actif d’un piment qui donne l’impression de se brûler lorsque l’on le touche, David Julius a découvert un nouveau récepteur qui s’active au contact du chaud, il a également trouvé son équivalent pour le froid. Ce récepteur permettra de saisir si ce que l’on touche est chaud ou froid, c’est la thermoception, c’est-à-dire la perception de la température.

Ardem Patapoutian, de son côté, a étudié la façon dont les mécaniques (par exemple, une légère pression sur la main) sont comprises par le cerveau comme des informations de toucher et de pression. Il a ainsi identifié des cellules qui, lorsqu’on les touche, envoient un signal électrique. Cela lui a permis de découvrir un nouveau type de récepteur mécano-sensible. Ces récepteurs sont essentiels à notre perception du monde, puisqu’ils nous permettent de sentir à la fois le positionnement de notre corps, mais également notre propre mouvement : c’est ce qu’on appelle la proprioception.

Ces travaux ont permis une avancée dans notre compréhension de la réaction du corps dans son environnement. Ils ne datent pas d’aujourd’hui, mais des années 1990 ! Être récompensés près de trente ans après leurs travaux, voilà qui nous donne une bonne leçon de patience !

Dr Emmanuelle Fernex

Actuailes n° 136 - 13 octobre 2021




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