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Le 28e sommet Afrique-France

Le 28e sommet Afrique-France

12-10-2021 à 18:45:00

Le 8 octobre, à Montpellier, s’est tenu le 28e sommet Afrique-France, sans autre chef d’État qu’Emmanuel Macron face à des jeunes et un échantillon de la société civile, afin que les débats soient sans tabou. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le président français n’a pas été ménagé par les jeunes Africains qui l’ont interpellé, parfois vivement.

 

La relation de la France avec l’Afrique a été comparée à « une marmite sale », les participants ont insisté sur la nécessité pour la France de « demander pardon au continent africain », sur son « arrogance » et le « néocolonialisme »… Voilà quelques-uns des termes employés par les onze jeunes sélectionnés parmi les quelque 2 000 à 3 000 personnes invitées. Ils avaient choisi de quitter le ton policé des dirigeants de leur pays, afin de tester le répondant du président français et sa volonté de réellement changer les bases de la relation avec l’Afrique.

Il est vrai que, depuis quelques mois, voire quelques années, la France – ancienne puissance coloniale de nombreux pays d’Afrique – est régulièrement accusée d’ingérence mal placée : de la chute du régime libyen en 2011 à la volonté supposée de piller les ressources de nos amis africains, notre pays n’est jamais épargné dès que la situation en Afrique dérape.

Récemment, la situation diplomatique s’est ainsi tendue entre le Mali et la France : le Premier ministre malien a déploré auprès de l’ONU le retrait unilatéral à venir des militaires français ; le président français lui a répondu qu’il n’avait pas de leçon à recevoir d’« un gouvernement illégitime ». Autant dire que ce sommet était attendu, afin de remettre les pendules à l’heure.

À l’occasion d’un show orchestré à l’américaine, les réponses du président de la République ont été à la hauteur. Tout en reconnaissant « la responsabilité immense de la France dans le commerce triangulaire et la colonisation », le chef de l’État s’est de nouveau refusé à demander pardon, privilégiant « un travail de vérité » et non de « honte de soi et de repentance ». Il a, de plus, annoncé la création d’une maison des mondes africains et des diasporas, la mise en place d’un fonds d’amorçage de 10 millions d’euros pour soutenir les start up africaines et la restitution prochaine de vingt-six œuvres d’art au Bénin.

L’Élysée souhaitait un débat « cartes sur table » : l’échange fera date, tant le président a été bousculé par le ton et le contenu des échanges. Il s’en est néanmoins bien tiré, même si certains diront qu’il démarrait ainsi sa campagne en vue de la présidentielle de 2022, en tentant de séduire la diaspora africaine, composée aujourd’hui de 7 millions de Français d’origine africaine, tous potentiels électeurs.

Actuailes n° 136 - 13 octobre 2021




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