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Suspicion

Suspicion

17-11-2021 à 07:04:38

Mais qui est vraiment John Aysgarth ? Un amoureux immature ou un terrible manipulateur ? Avec Hitchcock aux commandes, le suspense dure, même après la fin du film !

Vous retrouverez dans ce film plusieurs composantes qui constituent le style de Hitchcock. Tourné en 1941 et en quelques mois dans les studios de Hollywood, il est inspiré d’un roman policier de Francis Iles paru en 1932, Before The Fact. Contraint par ses producteurs d’en changer la fin jugée inadaptée – les producteurs de l’époque offrent avant tout des divertissements et non des drames –, Hitchcock modifie tout le scénario et réussit la prouesse d’embarquer le spectateur avec son héroïne dans les affres du doute.

Lina est une belle jeune femme sérieuse et issue d’une famille aisée. Elle rencontre par hasard Johnny Aysgarth, coqueluche des réunions mondaines. La désinvolture de John fascine Lina qui se laisse épouser par cet irrésistible séducteur. Confrontée à ses mensonges dès leur retour de voyage de noces, Lina est envahie par le doute. Son mari est-il un menteur ? Ou, pire, un meurtrier ?

Joan Fontaine, qui venait de tourner Rebecca avec Hitchcock, est impeccable : timide, docile, subjuguée par son mari, la suspicion malgré tout s’immisce en elle et en nous comme un poison ! Ce rôle lui permettra d’obtenir l’Oscar de la meilleure actrice. Cary Grant est exceptionnel : ses mimiques, ses regards à la dérobée, son sourire, tantôt sincère, tantôt moqueur, et son élégance confèrent au personnage tout son pouvoir sur Lina et le spectateur.

C’est la première des quatre collaborations avec Hitchcock ; Cary, déjà star de Hollywood, accepte d’interpréter un rôle peu flatteur de charmeur vénéneux cassant son image. Si le film commence comme une comédie romantique, la tension s’installe par à-coups. Hitchcock alterne des scènes gaies et paisibles, soulignées par la reprise d’une valse de Strauss et la lumière du jour, et des scènes sombres, où les ombres projetées sur les murs, les visages sont inquiétants, où même un verre de lait est une menace. La caméra capte les regards où se réfugient les non-dits. La musique de Franz Waxman accompagne Lina dans sa terreur, les personnages secondaires soufflent le chaud et le froid dans son esprit et l’ambigüité du jeu de Cary Grant fait le reste…

Maîtrise du rythme, scénario irréprochable, caméo du maître… Un classique à voir en VO, car les doublages sont épouvantables et que la diction des acteurs est parfaite ! 

Catherine Bertrand

Actuailes n° 137 - 17 novembre 2021


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