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Le sommet des dieux

Le sommet des dieux

25-01-2022 à 22:01:31

En 1924, George Mallory et Andrew Irvine se lancent dans l’ascension du sommet de l’Everest, encore jamais atteint. Ils ne rentreront pas au camp de base. Mallory devait photographier leur prouesse ; or, lorsque sa dépouille est retrouvée, nulle trace de l’appareil photo, seule preuve tangible de leur succès éventuel…

C’est le sujet de départ du roman de Yumemakura de 1994, paru en France en 2010, après le succès de son adaptation en cinq mangas de trois cents dessins par Jirô Taniguchi. Très vite, le scénariste français Jean-Charles Ostorero va convaincre le producteur Didier Brunner de négocier une nouvelle adaptation en dessins animés, réalisée par Patrick Imbert.

Fukamashi Makoto est photographe de haute montagne. En reportage au pied de l’Everest, il aperçoit Habu Jôji, une vedette de l’alpinisme tombée dans l’oubli, dans de curieuses circonstances : Fukamashi est persuadé que Habu a retrouvé le fameux Kodak1 ! S’ensuit alors une enquête fouillée nous menant au sommet du monde.

Peu de dialogues, car plus on grimpe, moins on parle ! Habu le rustre ne peut expliquer son addiction à la montagne, et Fukamashi est fasciné par sa ténacité hors normes. Ce qui nous semble excessivement dangereux ne l’est pas pour ces hommes qui anticipent le moindre geste de leur expédition. L’accident n’est jamais exclu, mais la préparation minutieuse de l’ascension prouve bien qu’il ne s’agit pas de folie d’orgueil, mais de dépassement de soi.

Deux hommes et une montagne glacée, pratiquement dénuée de couleurs, battue par les vents. Il faut souligner la prouesse graphique et sonore qui donne à ressentir tout cela. Apprécions aussi le détail des aspects techniques : Imbert raconte qu’un alpiniste chevronné est venu dans les studios avec tout son matériel et leur a donné une leçon de nœuds, ainsi qu’une démonstration en escaladant la façade ! Tout est donc vrai dans les dessins réalisés un à un pour un film d’animation à l’ancienne qui, parce qu’il est moins fluide qu’un film d’animation numérique, dégage une poésie de la lenteur.

Catherine Bertrand

Actuailes n° 141 - 26 janvier 2022


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