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Crise en Ukraine - réactions des pays du Maghreb et du Moyen-Orient

Crise en Ukraine - réactions des pays du Maghreb et du Moyen-Orient

08-03-2022 à 16:04:00

Depuis l’offensive russe en Ukraine de ces derniers jours, les pays du monde arabe, du Maroc au sultanat d’Oman, réagissent avec plus ou moins de fermeté. Car les liens entre les deux protagonistes et certains pays de la zone qui nous intéresse sont parfois très étroits. Et les risques qui pèsent sur ces derniers en sont d’autant plus lourds.

Les grandes puissances se sont depuis longtemps efforcées de prendre place dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, ce monde arabo-musulman qui connaît encore révolutions et guerres. Par exemple, le Président russe Vladimir Poutine, comparé régulièrement à un « tsar », a noué des liens avec les monarques et autres hommes forts des États arabes.

D’abord, parce que la forte influence et l’envie d’expansion russes s’exercent chez ses proches voisins (l’Irak et la Syrie, par exemple, ne sont qu’à quelques centaines de kilomètres de la Russie). Mais d’autres pays, dont l’Ukraine, par ambition ou calcul, ont aussi frappé à la porte de ce monde arabe si différent d’eux. Les intérêts économiques y sont en effet très importants.

Nombreux sont les vacanciers russes et ukrainiens en Égypte, où le tourisme est l’une des premières recettes du pays. Aujourd’hui, les sanctions contre la Russie et les coupures de lignes aériennes pénalisent autant les uns que les autres.

De plus, les pays arabes sont dépendants des produits agro-
alimentaires – les céréales en premier lieu – venus de Russie, d’Ukraine et de Crimée. Or l’Égypte est le premier importateur de blé du monde et la Russie et l’Ukraine les deuxième et troisième plus gros exportateurs de blé. Résultat : une vanne coupée ou quelques centimes de plus par tonne, et tout le monde en souffre. Il en va de même dans le domaine énergétique : ces pays sont riches en pétrole et en gaz, et donc d’une certaine manière concurrents.

Faut-il vraiment
choisir un camp ?

La voilà, l’équation difficile à résoudre pour les pays arabes : faut-il soutenir la Russie qui vend et achète beaucoup, au risque d’être sanctionnés par des ennemis de la Russie (comme les États-Unis) ? Ou bien l’Ukraine, quitte à perdre des recettes touristiques et des ressources importantes ? Ce qui est sûr, c’est que les pays européens et les États-Unis pressent les pays arabes de soutenir l’Ukraine. Mais, plus que cette pression extérieure, c’est la situation intérieure de chaque pays qui importe.

Pour réfléchir à plusieurs, certains des pays arabes disposent déjà d’enceintes : des unions géographiques, culturelles, économiques existent et leur permettent de se réunir et de décider de la politique extérieure en tenant compte des intérêts des uns et des autres. L’union fait la force.

Mais, là aussi, les limites apparaissent parfois : certains veulent peut-être faire par moments cavaliers seuls. Car un château de cartes s’écroule facilement, surtout lorsqu’il est construit sur le sable. Et les pays arabes en ont.

Entre ces pays complémentaires et dépendants, les relations sont décidément bien compliquées : tantôt réchauffées, tantôt gelées. Mais imaginerait-on un autre effet à cette alliance du froid sibérien et du désert arabique ? 

Abu Jibril

Actuailes n°143 - 9 mars 2022


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