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"Métaverse" eldorado économique ?

30-09-2022 à 21:11:00

 Ce terme fleurit depuis quelque temps déjà dans les médias et sur les réseaux sociaux. Explications d’un phénomène qui pourrait bien bouleverser nos vies.

En octobre 2021, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, annonce que le célèbre réseau so cial sera désormais nommé Meta, terme qui renvoie au néologisme « métaverse », contraction de «méta» et  « universe »,  soit  une  sorte  de monde parallèle à notre monde réel. Ce terme, apparu pour la première fois dans des romans de science- fiction américains dans les années 1970, désigne aujourd’hui l’existence d’un monde virtuel, numérique, rendu possible par l’émer gence des nouvelles technologies. Si le milliardaire américain change ainsi le nom de son entreprise et investit des milliards de dollars dans le développement de ce monde virtuel, c’est qu’il estime que le « métaverse » est l’avenir du réseau social et qu’il constitue à terme une véritable manne économique.

À quoi ressemble concrètement le « métaverse » ? Il faut imaginer un monde entièrement virtuel, fait de villes, de boutiques, de restau- rants, mais aussi de campagnes et de stations de ski. On y retrouve les fonctions sociales et économiques du monde réel : travailler et apprendre, se divertir, se rencontrer, faire des courses, etc. Ce monde est fondé sur l’idée de l’expérience en temps réel et de l’interaction. Chacun pourra créer son « double » virtuel, un avatar, et posséder des biens numériques, qu’il s’agisse d’une maison, d’une voiture ou d’un sac à main. Mais, là où le « métaverse » va plus loin que le jeu vidéo, c’est que les tran- sactions économiques et financières qui auront lieu dans ce monde virtuel seront authentifiées par des cryptomonnaies. Des objets vir- tuels uniques pourront être vendus au moyen de la technique NFT (Non-Fungible Token), en français un « jeton non fongible ». Le NFT est une pièce unique, qui n’est pas interchangeable et qui prouve l’authenticité, et donc la valeur, de l’objet virtuel.

Ces transactions existent déjà sur Internet. Il a même été enregis- tré dernièrement une vente d’un sac virtuel, de la marque Gucci, à un prix supérieur à la valeur d’un sac réel. Mark Zuckerberg n’est pas le seul entrepreneur à s’intéresser à ce monde virtuel. De grandes marques investissent massivement. C’est le cas notamment du géant chinois de l’e-commerce, Alibaba, du groupe français de la grande distribution Carrefour, de l’équipementier sportif Nike, de Micro- soft et de L’Oréal. Ces acteurs économiques achètent des parcelles de terrain virtuelles pour construire leur environne- ment et créer de nouveaux marchés à destination des avatars, créés par de nouveaux consommateurs.

Il est encore trop tôt pour dire si le « métaverse » constitue un nouvel eldorado économique. Certains parlent d’une nouvelle révolution, semblable à la révolution industrielle au XIXe siècle. Ce monde virtuel soulève en tout cas d’ores et déjà de nombreuses questions : quelles normes et réglementations mettre en place pour encadrer ces nouvelles pratiques ? Quel impact écologique, car ce monde, tout virtuel qu’il est, aura besoin d’une forte quantité d’énergie, bien réelle, pour vivre et se développer ? Sans évoquer les effets psychosociaux sur des consommateurs pouvant développer une dépendance à cette réalité virtuelle. 

Mikaël de Talhouët

Actuailes n°150 - 28 septembre 2022


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