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Ocean Viking : arrivée de migrants, un dilemme ?

Ocean Viking : arrivée de migrants, un dilemme ?

15-11-2022 à 19:49:00

L’Ocean Viking, un navire transportant 230 migrants venant d’Afrique a accosté le 11 novembre dans le port de Toulon.

Ce débarquement a donné lieu à une passe d’armes entre les ministères de l’Intérieur français et italien, après que l’Italie a refusé d’accepter l’Ocean Viking dans un de ses ports. En effet, ce pays est en première ligne face à l’arrivée des migrants qui quittent le continent africain depuis la Libye, et il en recueille chaque année plusieurs centaines de milliers. Mais, depuis l’avènement de Giorgia Meloni le mois dernier au poste de Premier ministre, l’Italie a décidé d’y mettre un frein.

Les migrations

Certes, les mouvements de population ont toujours existé. Déjà à l’époque de Clovis, les barbares germains ne fuyaient-ils pas devant les Huns en traversant le Rhin ? Plus récemment, la France a accueilli d’importantes communautés italienne, polonaise ou encore russe au gré des difficultés que connaissaient leurs pays. Cellesci mettaient alors un point d’honneur à s’intégrer à la population française, en francisant leurs noms ou encore en adoptant notre langue et nos traditions. Plus tard, dans les années 1970, le gouvernement a favorisé l’arrivée de travailleurs en provenance d’Afrique accompagnés de leurs familles. Pourtant, en 1989, le Premier ministre Michel Rocard rappelait, devant la masse toujours grandissante de ces migrants, que « la France ne peut accueillir toute la misère du monde », le risque étant de perdre l’identité nationale, de ne pouvoir intégrer ces gens correctement et de fragiliser ce qui fait sa définition, sa civilisation.

Réflexions actuelles

Pourtant, depuis lors, loin de s’arrêter, les migrations à destination de l’Europe ont explosé : par exemple,rien qu’en 2015, plus d’un million de personnes ont traversé la Méditerranée, créant des troubles importants. Pour faciliter ces mouvements de population, l’Union européenne a alors cherché à mettre en place des quotas de répartition entre pays. Puis, en 2018, le pacte mondial sur les migrations a été signé à Marrakech, pour promouvoir des « migrations sûres, ordonnées et régulières ». La France a décidé de les encourager et d’en prendre une large part, mais certains pays tentent de ralentir leur arrivée, comme la Hongrie qui souhaite « protéger sa culture chrétienne ». En effet, derrière la charité compréhensible qui vise à s’occuper de personnes en détresse, le développement des migrations véhicule une vision de l’homme et de la société bien discutable : la conception d’un homme que l’on peut interchanger au gré des besoins économiques, que l’on peut déraciner de sa patrie et dont la culture et la religion sont d’une valeur finalement très relative… La véritable question n’est donc pas celle d’un simple débarquement de migrants à Toulon, et il convient plutôt de se demander ce que la France fait de son héritage. Une bonne question pour un 11 novembre, non ?

Actuailes n°152 - 16 novembre 2022


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