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Le Hamas attaque Israël

17-10-2023 à 19:24:00

Samedi 7 octobre, le mouvement terroriste Hamas a lancé une attaque inattendue et d’une ampleur extraordinaire contre Israël. 

Après avoir tiré des milliers de roquettes, des hommes armés du Hamas ont déferlé sur les postes de police, les villages et les kibboutz1 qui bordent la bande de Gaza, semant la mort et la désolation. Sans égard pour l’âge ou la condition des habitants, ils se sont livrés à des massacres terribles et ont capturé environ cent cinquante personnes civiles, y compris des personnes âgées et des enfants. 

Réaction d’Israël 

Toutes les sirènes d’Israël ont retenti, appelant les habitants à se mettre à l’abri et les soldats réservistes à rejoindre leurs unités. Dans les heures qui ont suivi, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé que la vengeance d’Israël serait implacable.  

Un bombardement et un blocus complet de la bande de Gaza ont débuté, privant les 2 millions d’habitants de toute ressource en eau, gaz ou électricité avant une offensive qui vise à «détruire la force de combat du Hamas». 

Comment des gens peuvent-ils se rendre coupable de telles atrocités? Comment et par qui cette haine est-elle alimentée? 

Commençons par le début… 

La terre d’Israël est considérée comme la terre du peuple juif, la Terre promise par Dieu à son peuple. Cette mosaïque de petits royaumes durera un millénaire jusqu’aux invasions des Assyriens, Perses, Grecs ou Romains. 

En 70 après Jésus-Christ, à l’occasion d’une révolte des Juifs, les légions romaines mettent à sac Jérusalem. Le temple de Salomon – il ne reste aujourd’hui qu’un pan de mur (le mur des Lamentations) – est incendié.  

Quelques dizaines d’années plus tard, les Juifs sont expulsés de Palestine par l’empereur romain Hadrien et s’installent à l’étranger, formant de petites communautés appelées «diasporas». Peu de juifs demeurent en Palestine… 

Et l’histoire continue…  

Au VIIe siècle, les Arabes, au nom de l’islam, envahissent la Palestine où ils s’installent pour longtemps. À la fin de la Première Guerre mondiale, la Palestine devient une sorte de colonie britannique, un «mandat». Les habitants gèrent leur pays, sous le contrôle des Britanniques. Ces habitants sont des Arabes, mais il y a aussi des Juifs. 

En effet, depuis la fin du XIXe siècle, un nombre de plus en plus important de Juifs quittent leur diaspora pour rejoindre la Palestine. Pourquoi?  

Premièrement, à cause d’une série de pogroms2 en Russie et en Allemagne. Deuxièmement, parce que l’idée, lancée par le «sionisme», fondé par Théodor Herzl, de reconstruire un pays nommé Israël, de religion juive, en Palestine, se répand. 

Les Arabes de Palestine voient d’un mauvais œil ces Juifs nombreux prendre de plus en plus de place. Des affrontements violents se multiplient. Les Britanniques abandonnent la Palestine. Les Juifs sont alors devenus plus puissants que les Arabes. Ils ont travaillé et développé le pays. En mai 1948, les Juifs de Palestine créent «l’État d’Israël» et se dotent aussitôt d’une armée forte: Tsahal.  

Le conflit palestinien commence… 

Unies aux Arabes de Palestine, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie lancent une attaque contre Israël en 1948. Israël remporte la victoire. Cette situation se renouvelle deux fois. En 1967, c’est la guerre des Six Jours. En 1973, celle du Kippour. À chaque conflit, Israël étend son territoire, et des centaines de milliers d’Arabes fuient la Palestine pour se réfugier dans les pays voisins (Jordanie, Liban…). 

Pour tenter de mettre fin à ce conflit, les accords d’Oslo sont conclus dans les années 1990. Israël reconnaît aux Palestiniens le droit d’avoir leur force de police, leur économie, leur justice sur un territoire limité à la Cisjordanie à l’est et à la bande de Gaza à l’ouest, et isolé par de hauts murs. Ces attributions sont confiées à «l’Autorité palestinienne» pour ce qui reste de la Palestine. En 2007, les mouvements palestiniens les plus radicaux – comme le Hamas – ont destitué l’Autorité palestinienne par la violence.  

Le conflit oppose Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient et inclut une dimension religieuse importante. Israël est un État juif et les Palestiniens sont majoritairement musulmans. Par solidarité, la majorité des pays arabo-musulmans soutiennent les Palestiniens. Israël est globalement supporté par les pays occidentaux. 

En dépit des efforts de paix menés par de nombreux pays, les positions semblent irréconciliables. Cependant, l’Arabie saoudite, ennemi historique d’Israël, qui a une autorité morale très forte dans le monde arabe, semblait récemment vouloir normaliser ses relations avec Israël.  

La folie meurtrière des terroristes du Hamas et la riposte très dure qu’envisage le gouvernement d’Israël (déjà plusieurs milliers de personnes tuées depuis ce 7 octobre) pourrait avoir des conséquences désastreuses et plonger une nouvelle fois la Terre Sainte dans les affres de la guerre. 

De toute part, les appels au cessez-le-feu se font entendre. L’ONU a demandé qu’un corridor humanitaire puisse permettre à ceux qui le souhaitent de quitter Gaza. 

 

La guerre du Kippour ou guerre du Ramadan ou guerre d’Octobre ou guerre israélo-arabe de 1973 opposa, du 6 au 24 octobre 1973, Israël à une coalition militaire arabe menée par l’Égypte et la Syrie.  

Le Hamas («Mouvement de résistance islamique»): mouvement palestinien constitué d’une branche politique et d’une branche armée qui pratique le terrorisme. Le Hamas est principalement actif à Gaza qu’il administre seul depuis juin 2007, après sa victoire aux élections législatives et l’éviction de l’Autorité palestinienne après une brève guerre civile. 

Les colonies: malgré les accords d’Oslo, Israël continue de mener une politique d’extension territoriale, par une manœuvre de «colonisation». En fait, l’État d’Israël aide des Israéliens à s’installer sur des terres palestiniennes en leur fournissant de l’argent, des routes et des habitations et en assurant leur sécurité.  

Jérusalem: à la faveur des guerres israélo-arabes (1948, 1967, 1973), Israël a conquis une partie de Jérusalem, qui est aujourd’hui coupée en deux, car Juifs et Arabes la revendiquent. C’est à Jérusalem qu’était le temple de Salomon. Mais cette ville est aussi le troisième lieu saint de l’islam. La mosquée al-Aqsa a été érigée là où le prophète Mohammed se serait élevé au ciel sur un char de feu, mais aussi sur les ruines du temple de Jérusalem que bien des Juifs rêveraient de reconstruire. 

Mélycène Syphore

Actuailes n°166 - 18 octobre 2023


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