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Natalité en baisse : danger pour l’avenir

Natalité en baisse : danger pour l’avenir

30-01-2024 à 15:46:00

En 2023 les naissances ont fortement reculé en France, du jamais vu depuis 1946. Et cette situation menace directement l’avenir de notre pays.  

678000 bébés sont nés en France en 2023, un recul de 48000 naissances (- 6,6%) en un an, et même de 150000 en 15 ans. La population totale ne baisse pas grâce à l’allongement de l’espérance de vie, et à l’immigration, mais elle vieillit. Et, comme le rappelait récemment Aurore Bergé, la ministre chargée de la famille, cette situation est inquiétante et devrait nous obséder.  

La démographie en chiffres 

Au 1er janvier 2024, la France compte 68,4 millions d’habitants, en hausse de 0,3% par rapport à 2023. Cette hausse est due à la différence entre le nombre de naissances et de décès, soit 4 000 personnes, et entre le nombre de personnes ayant quitté la France, les émigrés, et ceux qui y sont arrivés, les immigrés. Le solde est ici positif de +184000, et c’est un minimum, car beaucoup d’immigrés arrivent en France de manière illégale. L’augmentation de la population française est donc essentiellement due à l’immigration. 

Pour le renouvellement des générations, il serait nécessaire que chaque femme donne naissance à 2,1bébés en moyenne. Mais pourquoi 2,1? Pour renouveler les générations, il faut que 100 femmes donnent naissance à 100 femmes, et ainsi de suite. Mais il naît plus de garçons que de filles, 105 contre 100. Il faut donc 2,05 enfants par femme, et même un peu plus, car, sur ces 205 bébés tous ne vivront pas jusqu’à l’âge de mettre au monde des enfants. Il faut donc ajouter 5autres bébés, soit 2,1 par femme. 

Or ce chiffre est descendu en 2023 à 1,67, contre 2 en 2010 et 3,04 en 1948. La France connaît une situation comparable à celle vécue durant les deux Guerres mondiales, qui s’expliquait alors par l’absence des hommes partis à la guerre. 

La France vieillit. L’espérance de vie est désormais de 80 ans pour les hommes et de 85 ans pour les femmes. Plus de 20% de la population a plus de 65 ans. Notre pays détient même le record européen du nombre de centenaires. 

Menace pour l’avenir 

L’Histoire nous a montré qu’un pays sans enfant était un pays sans avenir. Le recul de la natalité fut par exemple une des raisons de la chute de l’Empire romain.  

Une démographie en bonne santé est tout d’abord le moteur de l’économie.  

Une population jeune est plus dynamique, plus imaginative et consomme plus. En France, tout notre système social est aujourd’hui basé sur une bonne natalité. Il repose sur le fait que ceux qui travaillent financent les retraites et les dépenses de santé de ceux qui ont travaillé. Moins il y a de naissances, moins il y aura de travailleurs et donc moins le système fonctionnera. Il n’y a plus aujourd’hui qu’1,7 cotisant pour un retraité.  

Différentes études ont également conclu que les enfants étaient une source de bonheur pour leurs parents et leur entourage, comme vous pouvez le constater autour de vous régulièrement. Il y a peu de choses qui rendent aussi joyeux qu’un rire d’enfant. 

Les solutions: politique familiale et/ou immigration? 

Quand on interroge les Français sur leur désir d’enfants, il s’établit à 2,38 enfants par femme. Les Français veulent donc plus d’enfants qu’ils n’en ont réellement. Alors, que peut faire l’État pour combler cette différence?  

Il peut décider de mener une politique familiale ambitieuse et volontariste, qui passe par des aides financières directes comme des réductions d’impôts ou des allocations familiales. Ces aides ont été réduites sous la présidence de François Hollande et cela a eu un impact direct sur le nombre de naissances. En regardant les courbes, c’est à ce moment-là que les naissances ont plongé.  

Une naissance engendre de nombreuses dépenses que toutes les familles ne peuvent – ou ne veulent – pas supporter. Des aides au logement pourraient également être mises en place, car une naissance signifie souvent une chambre supplémentaire.  

Mais, surtout, la solution la plus prometteuse semble d’aider les femmes à concilier au mieux leur travail avec leur vie de famille. Cela passe par des congés parentaux mieux rémunérés pour les mamans (et, plus rarement, les papas) qui arrêtent de travailler pour élever leurs enfants. Enfin, il faut développer encore plus les modes de garde, à domicile, chez des nounous ou en crèche. Et cela marche, comme le montrent des exemples étrangers. En République tchèque, ce type de politique a fait passer le nombre d’enfants par femme de 1,19 à 1,71 entre 2005 et 2020, et en Allemagne de 1,39 à 1,53 en 10 ans. En Italie, les allocations familiales sont désormais de 250€ par enfant. Mais c’est en Hongrie que la politique familiale est la plus généreuse: aides pour les familles souhaitant agrandir leur logement ou en acheter un (33000€), acheter une voiture familiale (7000€), doublement des allocations familiales, aide pour les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants et, surtout, exonération à vie de l’impôt pour les mamans de plus de quatre enfants. Sans surprise, les mariages ont bondi de 45% et le nombre d’enfants par femme de 1,2 à 1,55. 

Si on ne mène pas une politique familiale, l’autre solution est l’immigration.  

Qu’ont choisi les autres pays? 

C’est le choix retenu par les États-Unis, le Canada ou l’Allemagne. Mais cela ne va pas sans poser quelques questions. La première est la capacité des immigrés à travailler. L’Allemagne a ainsi rencontré des problèmes dans ses usines, car les machines étaient trop complexes. En France, on note que les immigrés travaillent avant tout dans les métiers peu qualifiés, qu’ils sont moins diplômés, et qu’ils ont un taux de chômage largement supérieur à la moyenne, en particulier chez les jeunes et les immigrés originaires d’Afrique et du Maghreb. De plus, l’immigration massive se heurte à un problème d’intégration dans notre société. Mais surtout cette immigration comme remède à la dénatalité est largement refusée par les Français, à hauteur de 70% selon un sondage récent. Or, en démocratie, c’est le peuple qui décide de son avenir. C’est pourquoi l’ensemble des partis de droite demande un référendum sur l’immigration afin que les Français tranchent la question. 

La France connaît donc une dénatalité inquiétante. Des politiques familiales plus volontaristes pourraient améliorer cette situation. Le président Macron a annoncé qu’il ferait des propositions en ce sens. Espérons que ce discours soit suivi d’effets, car il en va de l’avenir de notre pays. 

Actuailes n°171 - 31 janvier 2024


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