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Un virus responsable du diabète de type 1 ?

28-05-2024 à 16:48:33

Une équipe de chercheurs de l’Hôpital Cochin et de l’Inserm a publié une étude montrant le lien entre le diabète de type 1 et l’infection par le virus coxsackie B.  

Pourquoi la découverte du lien entre ce virus et cette maladie est-elle très importante?  

Le diabète 

Le diabète de type 1 touche plus de 8 millions de personnes dans le monde, avec une augmentation de 70% en trois ans. Il atteint les patients dès l’enfance et est définitif. Le corps se met à fabriquer des anticorps pour détruire une partie de lui-même: on appelle cela une maladie auto-immune (l’immunité se retourne contre l’organisme au lieu de s’attaquer aux microbes venus de l’extérieur). La partie de lui-même que le corps veut détruire, c’est le pancréas, au milieu de notre abdomen.  

Le rôle du pancréas est de fabriquer un certain nombre d’hormones, en particulier l’insuline, une hormone qui circule dans notre sang et permet au sucre que nous avons ingéré de rentrer dans nos cellules. C’est grâce à ce sucre que la cellule produit son énergie pour fonctionner: c’est son carburant.  

Conséquences 

Si nos anticorps détruisent la partie du pancréas qui fabrique l’insuline, il se passe deux choses. Le sucre ne peut pas entrer dans les cellules, qui sont obligées de brûler la graisse de l’organisme pour fabriquer leur énergie. En faisant cela, elles relâchent des corps cétoniques qui provoquent une acidification du sang, pouvant entraîner des vomissements, des douleurs abdominales ou un coma. Et le sucre s’accumule dans le sang, puis finit par «déborder» en étant éliminé dans les urines; cela provoque un déséquilibre de l’hydratation et de la concentration de beaucoup d’éléments du sang.  

C’est souvent grâce à l’association de ces signes que l’on découvre la maladie: envie de boire davantage, envie d’uriner davantage, envie de manger davantage, et pourtant amaigrissement.  

Traitement  

On traite le diabète en injectant chaque jour, de diverses façons, de l’insuline dans le corps à intervalles réguliers, pour suppléer le pancréas déficient. Cette maladie est définitive, et les patients devront toute leur vie doser régulièrement leur sucre en se piquant le bout du doigt et adapter leurs injections d’insuline. 

Retour sur l’étude 

L’équipe de Cochin vient de montrer que la destruction des cellules du pancréas est la conséquence de l’infection de celui-ci par le virus coxsackie B (CVB). Ce dernier est très fréquent, puisque plus de 90% de la population l’a déjà attrapé; ses symptômes ressemblent à la grippe. 

Il vient se cacher spécifiquement dans les cellules du pancréas et les détruit doucement. Chez certains patients dont les défenses immunitaires sont moins performantes, l’infection par le CVB se prolonge et entraîne une réaction immunitaire, non pas contre le virus, mais contre le pancréas. Et cela déclenche donc un diabète.  

Connaître ce mécanisme permet de surveiller et de mieux prendre en charge les patients à risque de diabète, mais aussi d’envisager de fabriquer un vaccin pour protéger la population de ce virus et faire reculer la maladie. Enfin, cela démontre le lien entre certaines infections virales et certaines maladies auto-immunes. Pour lutter contre ces dernières, nous pourrons agir sur les causes, avant même leur apparition.  

Dr Anne-Sophie Biclet 

Actuailes n°177 - 29 mai 2024


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