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   C’est arrivé le 16 octobre 1793: la mort de la reine Marie-Antoinette

C’est arrivé le 16 octobre 1793: la mort de la reine Marie-Antoinette

15-10-2024 à 13:09:00

Chère Hélène, 

Les tragédies de notre Histoire doivent être bien comprises. Laisse-moi te parler de la dernière reine de l’Ancien Régime. 

Née en 1755 à Vienne, Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine est archiduchesse d’Autriche, princesse royale de Hongrie et de Bohème. Malgré la mort de son père, sa vie à la cour viennoise est douce – elle y croise même le jeune Mozart. Quinzième enfant de François et Marie-Thérèse d’Autriche, elle reçoit l’exemple d’une famille unie, mais aucune éducation politique. Son mariage avec le futur Louis XVI, qu’elle n’a jamais vu, est pourtant un arrangement diplomatique entre la France et l’Autriche. Par la suite, elle cherchera à garder de la légèreté et prendra du temps, au hameau de la Reine de Versailles et dans les autres demeures royales, pour la vie familiale et amicale. Mais cette inclination la dessert finalement. 

Par naïveté, méconnaissance ou volonté de s’affranchir de l’étiquette, elle se retrouve dans des situations difficiles, malgré une intelligence certaine: la voilà sans cesse accusée d’être une femme frivole et un agent de l’étranger. Quel retournement envers celle qui avait été accueillie dans la liesse de Strasbourg à Paris, à son arrivée en France sur le chemin de son mariage! On venait alors de loin acclamer la dauphine… Mais, dès ses premières années de mariage, la reine est traitée en ennemie par certains membres de la maison de France, qui voient toujours en elle une étrangère. Tout est sujet de moqueries et d’attaques, y compris ces quatre enfants qu’elle a tardé à mettre au monde... En 1789, les révolutionnaires interprètent sa façon de vivre comme un défi au peuple et poussent la foule à faire d’elle un symbole de la monarchie à abattre. Forcée de rester au palais des Tuileries au début de la Révolution, elle tente avec Louis XVI et leurs enfants d’échapper aux révolutionnaires: tous sont arrêtés à Varennes en 1791, ramenés à Paris, et enfermés à la prison du Temple. La famille royale sera déclarée otage de la 1ère République et jugée en son nom. 

Comme femme, mère et reine, Marie-Antoinette est alors effroyablement malmenée. Sa dignité et son courage ne changent rien à la fureur populaire, orientée par Robespierre et Fouquier-Tinville. 

Louis XVI exécuté le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette voit un tribunal révolutionnaire bâclé la juger en deux jours et la condamner à la guillotine. Elle meurt donc en place de Grève (actuelle place de la Concorde), au milieu des cris de haine, le 16 octobre 1793. 

«Le premier crime de la révolution fut la mort du Roi, mais le plus affreux fut la mort de la Reine», écrira Chateaubriand plus tard. Voilà un bien triste événement de notre histoire, chère Hélène. Aucune femme ne mérite de subir l’humiliation, un procès truqué, puis cette horrible mise à mort. Marie-Antoinette finit pourtant sa vie en écrivant «Je pardonne à tous mes ennemis.» 

Yann Léon 

Actuailes n°181 - 16 octobre 2024

 




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