facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo Linkedin logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro

L’entrée du Christ dans la vie publique

11-02-2025 à 15:28:00

De Noël à la Présentation, la liturgie nous a fait contempler la vie cachée du Christ. Depuis quelques semaines, elle nous le montre dans sa vie publique, itinérant, prêchant et guérissant. 

Nous pouvons nous arrêter sur le contexte historique dans lequel la mission du Christ s’est déroulée. 

L’impasse des partis 

L’époque était troublée, au point de vue politique comme au point de vue religieux. La Palestine, où vivait le peuple juif, était alors sous occupation romaine. Ce territoire avait cessé d’être un royaume indépendant, gouverné par un souverain juif. Il était devenu une province de l’empire romain, soumise, comme les autres, au pouvoir de César1. De plus, des populations païennes s’étaient installées un peu partout en Palestine. Ces populations, de culture grecque, déteignaient sur les Juifs, amenant parfois ces derniers à ne plus suivre la Torah2. 

Face à cette situation, le peuple juif se trouvait très divisé. Certains pensaient qu’il fallait lutter contre l’occupant avec les armes, pour libérer leur terre. C’étaient les zélotes. D’autres, plus pacifiques, ont préféré se retirer à la campagne, loin des villes considérées comme perverties, pour pouvoir pratiquer leur religion plus fidèlement. À l’écart, ils ont pu former des communautés de croyants très fervents. C’étaient les esséniens. D’autres encore, tout aussi fervents, œuvraient pour une réforme spirituelle, à l’intérieur même de la société. Il s’agissait de ramener le peuple à l’observance stricte des lois religieuses. C’étaient les pharisiens. Il y avait enfin les sadducéens, un courant religieux composé du clergé juif de l’époque. Ils étaient plus pragmatiques. C’est-à-dire qu’ils s’accommodaient de la présence romaine en Palestine et essayaient de préserver leurs intérêts. Ce qu’il y avait de commun entre tous ces groupes si différents, c’est qu’avec l’ensemble du peuple juif, ils attendaient la venue du Messie et la restauration du royaume d’Israël. 

L’union dans la vérité 

C’est donc dans ce contexte explosif que le Christ est apparu. Sa mission s’annonçait très délicate. D’autant plus qu’il venait avec des intentions tout autres que celles qu’on lui prêtait. Il ne venait pas pour apporter un salut temporel, mais un salut spirituel. À mesure qu’il se dévoilait, beaucoup ressentaient de l’incompréhension, de la déception. On ne cessait de lui poser toute sorte de questions: «Es-tu le roi des Juifs?»; «Est-il permis à un homme de répudier sa femme?»; «Est-il permis, ou non, de payer l’impôt à César?»; «Est-il permis de faire une guérison le jour du sabbat?», en espérant entendre les réponses qu’on attendait. En fait, on cherchait à savoir de quel bord il était: pharisien? sadducéen? essénien? zélote? Mais le Christ ne venait pas pour conforter des vues humaines: «Moi, dit-il, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci: rendre témoignage à la vérité.» 

La vérité est divine, donc impartiale. Elle transcende les points de vue, les intérêts particuliers. C’est pourquoi le Christ a voulu unir autour d’elle Romains, Grecs, Juifs, et nous aussi. 

1 Titre de l’empereur romain.

2 Loi juive reçue de Moïse.

Fr. André Marie 

Actuailes n°187 - 12 février 2025




Imprimer