En 1904, face à la menace allemande, Français et Anglais se rapprochèrent en signant plusieurs accords désignés sous le nom d’Entente cordiale. L’Histoire récente en ravive la flamme.
Comme nous l’avons vu dans le précédent numéro, les États-Unis ne souhaitent plus assurer la sécurité de l’Europe, et demandent aux Européens de la prendre en main. La réponse ne peut passer que par la France et le Royaume-Uni qui seules disposent d’armées robustes en Europe.
Nos «meilleurs ennemis»
Si l’affrontement entre la France et l’Angleterre est aujourd’hui réduit aux terrains de rugby, il n’en fut pas toujours le cas. Notre histoire commune est parcourue par 700 ans de batailles nous opposant, aux noms célèbres de Waterloo, Trafalgar, Bouvines ou encore Yorktown. Mais tout changea au XIXe et au XXe siècles face à la menace allemande. Et nos soldats combattirent côte à côte dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ou les déserts de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut enfin le cas plus récemment en Afghanistan, en Libye ou au Mali.
Deux puissances militaires
Nos deux pays sont les seuls en Europe à posséder la bombe atomique. Et, même si elles ont été considérablement affaiblies par 30 ans de restrictions budgétaires, nos armées sont les plus aguerries et les mieux équipées du continent. Enfin, nous disposons encore d’usines et d’entreprises d’armement performantes. Ainsi, quand les Britanniques en 2020 choisirent avec le Brexit de quitter l’Union européenne, nos deux pays s’éloignèrent économiquement, mais pas militairement. Ce fut un choix gagnant, car aujourd’hui tous les Européens comptent sur le couple franco-britannique pour affronter le danger russe.
Coalition de volontaires
Le président français Emmanuel Macron et son homologue Keir Starmer, le Premier ministre britannique, cherchent à bâtir une coalition de pays volontaires pour assurer la sécurité de l’Ukraine une fois que ce pays aura signé un accord de paix avec la Russie. Ils multiplient donc les réunions pour bâtir un plan.
Mais, derrière cette nouvelle Entente cordiale, demeurent des sujets de divergence. La France souhaite bâtir une défense de l’Europe sans les États-Unis. À l’inverse, les Britanniques souhaitent garder un lien privilégié avec les USA, dont ils dépendent beaucoup pour leurs bombes atomiques, leur renseignement et leurs avions de chasse F35.
Les prochaines semaines nous permettront de juger de la solidité de cette nouvelle Entente cordiale, et du rôle qu’elle entend jouer sur la scène européenne.
Julien Magne
Actuailes n°185 - 26 mars 2025
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