facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo Linkedin logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro

Cinq ans après, que reste-t-il du confinement ?

24-03-2025 à 17:06:49

Du 17 mars au 11 mai 2020, le premier confinement mettait la France à l’arrêt pour endiguer la propagation de la covid-19. 

5 ans plus tard, les conséquences sur les Français de cet isolement contraint se mesurent sur tous les plans, notamment sociaux, économiques, mais aussi psychologiques.  

«Nous sommes en guerre» 

C’est ce que martelait Emmanuel Macron dans son allocution du 16 mars 2020. Nous devions vaincre un ennemi surprenant dont l’inaction était le point faible. À 20h00, le président avait parlé, à 12h00 le lendemain, la France se confinait. Prévu pour deux semaines initialement, le confinement est prolongé tout d’abord jusqu’au 15 avril, puis jusqu’au 11 mai.  

Les Français sont cantonnés à domicile et ne peuvent en sortir que pour le strict nécessaire: courses alimentaires, urgence sanitaire, activité sportive individuelle ou déplacement professionnel quand le télétravail n’est pas possible. Les lieux fréquentés sont fermés, les rassemblements interdits, les interactions régulées par «les gestes barrières».  

Impact sur la santé mentale des plus jeunes 

Pour les élèves, l’école se limite désormais à des cours en visio-conférence, convoqués çà et là quand la connexion Internet le permet. Une instruction dépendante des moyens informatiques de chacun, et synonyme rapidement d’inégalité des enfants dans l’apprentissage. Durant cette période, l’Éducation nationale estime à 500000 le nombre de décrochages scolaires. 

Par ailleurs, l’ambiance de méfiance généralisée qu’ont engendrée ces mesures d’enfermement a pu générer des troubles sociaux chez l’enfant. Le rapport de 2021 sur les droits de l’enfant observe une tendance à la désocialisation, caractérisée par une perte de confiance dans les adultes, des phobies scolaires, une augmentation du risque d’addiction, notamment aux écrans. Des conséquences au long cours: selon une étude menée en 2023 par l’université de Bordeaux sur des étudiants, 41% d’entre eux présentaient des symptômes dépressifs. Ils étaient 26% avant la crise sanitaire.  

Habitudes maintenues après le déconfinement 

Mais le confinement a aussi été pour beaucoup un moment privilégié en famille. Dans une évaluation du moral des familles à l’aune de la crise sanitaire, le ministère de la Santé rapporte que cette période a permis pour la moitié des Français de resserrer les liens familiaux. Avec la contrainte du télétravail, le confinement a réconcilié devoir professionnel et vie de famille. Depuis, l’usage du télétravail s’est maintenu et élargi: 34% des Français le pratiquent régulièrement aujourd’hui, contre 17% en 2017. 

Nos pratiques de consommation ont aussi été ébranlées. La restriction des déplacements durant la crise a entraîné une hausse des achats sur Internet et de la livraison à domicile. Tendance qui, depuis, s’impose de plus en plus: de 2023 à 2024, on observe encore une augmentation de 9,6% des dépenses sur la toile.  

Des habitudes qui s’installent quand d’autres se perdent, comme celle «so frenchy» de se faire la bise pour se saluer. On lui préfère maintenant un classique serrement de mains... à condition de les avoir lavées au gel hydroalcoolique, bien entendu! 

 

Briac Saint Loubert Bié

Actuailes n°185 - 26 mars 2025 




Imprimer