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Dans l’attente d’un pasteur au Moyen-Orient

29-04-2025 à 10:57:28

Le monde arabe déplore le rappel à Dieu du souverain pontife. Lui, qui était engagé pour un dialogue entre les religions, s’était rendu plusieurs fois dans cet espace morcelé et mouvementé du globe.  

Le Moyen-Orient espère un nouveau pape tout aussi ouvert. 

Saint-Père apostolique  

L’ouverture au monde arabe était un engagement du pape François. Il était proche des chrétiens d’Orient, qu’il avait rencontrés, notamment en Turquie, Arménie, Égypte, Jordanie, Palestine, et particulièrement en Irak où le 25 décembre est devenu férié après son passage! Il avait même un lien privilégié avec les religieuses des trois écoles catholiques et le curé de Gaza, Argentin lui aussi et dont l’église est sous les bombes, qu’il contactait régulièrement. En écoutant ces peuples souffrants, le souverain pontife offrait une «voix chrétienne au service de tous les habitants», comme le dit Mgr Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.  

Né en Orient, le christianisme y est aujourd’hui minoritaire et plusieurs Églises issues de conciles et schismes y coexistent. Les chrétiens sont souvent engagés dans des missions de service (éducation et santé, par exemple). Les voyages du pape dans ces contrées ont permis de communiquer largement sur leur rôle de réconciliateurs, messagers de paix et héritiers d’une civilisation de deux mille ans! 

Mais le pape François n’a pas seulement témoigné une proximité avec les chrétiens d’Orient. Le successeur de saint Pierre sur qui l’Église a été bâtie voulait, lui, établir des ponts entre les hommes et entre les religions.  

Le souverain des ponts 

François a été le premier pape à dialoguer avec certaines autorités religieuses de l’islam. Ainsi s’est-il rendu dans le golfe Persique pour y rencontrer l’imam de la mosquée Al-Azhar (l’un des grands centres de l’islam sunnite, situé au Caire, en Égypte) en 2019, puis de nouveau en 2022. Il avait également rencontré le chef de l’islam chiite, l’ayatollah iranien al-Sistani, en 2021. Et, en décembre dernier, il avait reçu au Vatican une autre figure de l’islam.  

Au début de son pontificat, il s’était rendu en Terre Sainte. Il avait alors pris position en faveur d’une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien. Ce qui avait naturellement suscité des réactions critiques de la part d’Israël, mais les relations sont rouvertes depuis 2023. Malgré cela, le président israélien a exprimé ses condoléances et lui a reconnu un rôle de pacificateur. 

En fait, son engagement pour la paix et sa compassion pour les peuples persécutés l’ont érigé en père spirituel au-delà des chrétiens. C’est cela que saluent les dirigeants des pays d’Orient, qui lui ont presque tous rendu hommage.  

À présent que l’Église s’active pour combler la vacance du siège apostolique, les dirigeants religieux et politiques des pays du monde arabe espèrent – et prient ? – une continuité. Car quel meilleur pasteur qu’un pape ? 

Abu Jibril

Actuailes n°190 - 30 avril 2025




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