Les chiffres pour l’année2024 du déficit public (5,8% du PIB) et de la dette française (113% du PIB) viennent d’être publiés.
Quoique moins catastrophiques que prévu, ces niveaux sont particulièrement élevés. Mais de quoi s’agit-il? Est-ce vraiment un sujet de préoccupation?
Que sont le déficit et la dette publics?
Imaginons que tu souhaites organiser une fête, et que pour cela tu travailles en faisant des baby-sittings, pour gagner de l’argent. Cependant, tu te rends compte que ce dont tu as envie coûte plus cher que ce que tu as gagné. Tu es face à un choix: soit tu renonces à ce dont tu as envie, soit tu empruntes de l’argent à tes parents, par exemple. Pour les États, c’est un peu comparable: ils dépensent souvent plus d’argent qu’ils n’en gagnent! C’est ce que l’on appelle le déficit public.
Comment les États gagnent-ils de l’argent ? Grâce aux impôts payés par les citoyens du pays et par les entreprises, notamment. L’argent collecté sert ensuite à couvrir de nombreuses dépenses: l’éducation, la santé, les retraites, la défense, etc.
Quand les dépenses publiques sont supérieures aux recettes, l’État a un déficit, qu’il doit financer. Comment? En empruntant de l’argent à des gens ou à des institutions prêts à lui en prêter. En général, ce sont les autres pays, les banques ou même des individus qui achètent ce que l’on appelle des obligations, c’est-à-dire des titres de dette. En France, on appelle bons du Trésor les titres de dette émis par l’État.
La dette publique, quant à elle, est l’accumulation de tous les déficits pas encore remboursés des années passées. C’est tout l’argent que l’État doit rembourser. Tous les pays ont des dettes publiques, mais pas de la même importance: par exemple le Canada, les États-Unis ou la France sont très endettés, quand la Chine l’est très peu.
Est-ce un problème?
Tu t’en doutes déjà, la réponse est oui!
Tout d’abord, plus la dette grossit, plus il devient difficile de la rembourser, comme une petite boule de neige qui grossit en dévalant la pente… Par ailleurs, plus les États doivent de l’argent, moins les gens qui leur en prêtent auront envie de continuer à le faire, parce qu’ils auront progressivement moins confiance en la capacité de remboursement de celui qui s’endette.
D’autre part, plus l’État doit de l’argent, plus importante devient la partie de son budget consacrée à rembourser ses dettes: cela fait moins d’argent à dépenser pour la santé, la construction des routes ou le financement des projets d’avenir, qui sont pourtant des gages de développement et de croissance, donc de bonne santé économique et financière.
Enfin, si un pays ne peut plus rembourser ses dettes, c’est la faillite! Et c’est déjà arrivé en France, par exemple sous le Directoire, lors de l’épisode de la banqueroute des deux tiers. À l’époque, la loi du 30septembre1797 avait réduit de façon autoritaire la dette publique en la faisant passer de 250à80millions de francs– tout en dépouillant les rentiers des deux tiers de leurs économies!
En résumé, bien que les déficits et la dette publics soient parfois nécessaires pour stimuler l’économie (en période de récession, par exemple), ils doivent toutefois être gérés avec prudence pour éviter les problèmes potentiels qui découleraient de niveaux trop élevés.
Marie de la Biche
Actuailes n°191 - 14 mai 2025
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