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Jeune maman: attention fragile! dépression du post-partum

13-05-2025 à 18:18:25

La naissance d’un bébé est une joie pour la famille, mais parfois la maman n’a pas l’entrain habituel… Que se passe-t-il? 

Ce matin-là je reçois dans mon cabinet un nouveau-né de 23 jours, L., amené par ses deux parents. Pendant que le papa déshabille l’enfant pour que je l’examine, les parents me racontent l’accouchement, qui a été un peu long et difficile, et les journées depuis, rythmées par les repas, les changes, et toutes leurs questions pour savoir comment bien s’occuper de leur petit garçon.  

Maman bien fatiguée 

Tout en auscultant L, en vérifiant ses réflexes, ses yeux, son tonus, les bruits de son cœur, je constate que sa maman reste assise et tourne assez peu son regard vers nous. Elle a l’air épuisée et bâille souvent. C’est le papa qui répond à la plupart de mes questions.  

Alors, lorsque je me suis rassise à mon bureau et que j’ai fini de remplir le carnet de santé, je me tourne vers elle: «Et vous, madame, comment allez-vous?» Elle me regarde quelques instants puis fond en larmes: «Non, ça ne va pas fort.» Elle a l’impression de mal s’occuper de son bébé; quand il pleure, cela lui fait peur, elle redoute le moment où son mari va repartir au travail, elle ne veut pas être seule avec son nouveau-né… Et pourtant elle l’aime de toutes ses forces, elle est tellement heureuse d’être maman, alors, que se passe-t-il? 

Cette maman commence une dépression du post-partum (DPP).  

C’est assez courant, environ 10% des mamans en traverseront une. On pense que c’est lié à des variations dans les quantités et la sensibilité à un neurotransmetteur (une substance qui circule entre les cellules du cerveau pour les faire communiquer), le GABA, pendant la grossesse et à la fin de celle-ci. On sait aussi que certaines situations en favorisent la survenue: avoir déjà eu une dépression ou une DPP, avoir peu d’entourage après une naissance, que la naissance ait été compliquée, par exemple, sont des facteurs de risque.  

Symptômes et remèdes 

La DPP peut arriver avec un petit délai, jusqu’à un an après la naissance. Il ne faut pas la confondre avec un «blues du post-partum» qui dure moins de deux semaines, où la maman peut présenter les mêmes symptômes – tristesse, fatigue, anxiété, douleurs –, mais moins importants et qui s’améliorent rapidement.  

Il est important de prendre en charge la DPP vite et bien, pour que la maman guérisse rapidement et que la relation entre la mère et l’enfant se construise comme il faut, pour la joie des deux! On essaye de bien entourer la maman, elle peut suivre une psychothérapie auprès d’un psychiatre ou d’un psychologue, et parfois on prescrit également des traitements médicamenteux quand la dépression est trop forte, pour essayer de rétablir l’équilibre des neurotransmetteurs dans le cerveau.  

Si vous avez de jeunes mamans autour de vous, soyez attentifs! Et n’hésitez pas à en parler si vous sentez que quelque chose ne va pas: la plupart du temps, la prise en charge traîne parce que les mamans n’osent pas confier leurs soucis, elles se sentent coupables de ne pas être pleinement dans la joie de la naissance, alors que cela n’a rien d’exceptionnel et qu’elles ont juste besoin de soins! 

Attention, maman fragile!  

Dr Anne-Sophie Biclet

Actuailes n°191 - 14 mai 2025




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