Les premiers mots du nouveau pape Léon XIV, du haut de la loggia de la basilique Saint Pierre, ont été d’exhorter à la paix. Alors que l’Europe et le monde s’embrasent dans les guerres et les tensions, cet appel paraît très ajusté.
8 mai 2025 – la date est symbolique. Un nouveau pape est élu alors nous célébrons le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mieux encore, ce nouveau pape appelle à la paix! On ne peut rêver de meilleures circonstances.
Et pourtant…
Si tout le monde en parle, peu y travaillent vraiment. Les efforts de Donald Trump pour mettre fin au conflit en Ukraine se heurtent aux belligérants qui, chacun à son tour, estiment que les conditions ne sont pas réunies. La Russie poursuit donc son avancée et l’Ukraine met sur pied une coalition d’États européens qui pourraient prendre le relais du soutien matériel américain. Les mots sont toujours plus durs: «constituer un front anti-Poutine», «partager nos intérêts vitaux» (ce qui veut dire partager l’arme nucléaire), «juger la Russie»… Sur le front de l’Est, la paix n’est pas vraiment à l’ordre du jour pour les Européens.
Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait le cas non plus à l’Ouest: aux pressions économiques américaines, les Européens tentent de résister et même de riposter. On se souvient des tarifs douaniers de 10 à 25% calculés par l’administration américaine pour forcer les Européens à accepter des accords commerciaux. L’Europe envisage de faire de même sur les importations de voitures, de matériel aéronautique et sur le whisky américain. La solution est assurément complexe – on parle de ligne de crête, et de nouvelles tensions sont en vue. Une chose est certaine: l’augmentation des prix pour tous les citoyens…
Mais aussi
Les yeux des catholiques sont aussi tournés vers la Terre Sainte. Là-bas encore, la guerre fait rage. Après 18 mois d’affrontements particulièrement violents entre Israël et le Hamas autour de la bande de Gaza, le conflit a pris une tournure plus internationale. Si les escarmouches entre Israël et le Liban sont récurrentes, on observe maintenant des bombardements depuis l’Iran ou encore menés par les Houthis depuis le Yémen… Les Européens, pour leur part, sont absents des tentatives de résolution de ce conflit et l’inquiétude est majeure quant au sort des chrétiens d’Orient. Qui donc alors sinon le pape pour penser à eux?
D’autres conflits viennent de surgir – on pense aux affrontements en cours entre l’Inde et le Pakistan – quand d’autres sont en gestation –voir les relations entre la Chine et les États-Unis… La nature humaine est ainsi faite et Léon XIV saura trouver où s’employer. Plus proche de nous, les catholiques peuvent surtout souhaiter trouver la paix au sein de l’Église, sortie divisée du pontificat précédent. Nul doute alors que cet homme apparu si paisible à Rome, en fin de journée du 9 mai 2025, saura faire l’unité de ses ouailles autour de la foi, dont il est le dépositaire. «Le mal ne l’emportera pas» (Léon XIV, 8 mai 2025).
Alexis
Actuailes n°191 - 14 mai 2025
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