Le 29 mai, Israël accepte la proposition de cessez-le-feu des États-Unis.
Le 31 mai, le Hamas accepte de remettre plusieurs otages, mais il refuse la proposition, déclarant que celle-ci ne convient pas au peuple palestinien. Y a-t-il une issue à cette guerre ?
Mauvaise direction
Depuis plus de vingt mois, l’armée israélienne mène une guerre sans merci contre le Hamas dans la bande de Gaza. En réaction à l’agression de ce dernier en octobre 2023, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, veut anéantir le mouvement terroriste. Vaste programme qui n’autorise aucune concession.
Aujourd’hui, Israël n’est pas satisfait du bilan: plus des deux tiers de la bande de Gaza sont détruits, plus de cinquante mille morts y reposent et les conditions de vie sont infernales.
En face, une partie des Palestiniens retirent leur soutien au Hamas, vu la situation odieuse. Même Mahmoud Abbas, le président octogénaire de l’État de Palestine, a admis que le Hamas devait déposer les armes et libérer les otages. C’est d’ailleurs une des principales conditions vers la trève. Malgré cela, le mouvement ne cède rien, ses chefs se succèdent et ses financiers résistent.
Dans ce contexte de crispations, aucun armistice ne paraît envisageable. Aucune puissance n’y parvient, y compris les États-Unis (pro-israéliens), qui s’y cassent les dents. Leur proposition gagne l’attention des uns, mais pas des autres. Précédemment, c’était l’inverse. Et vice versa et bis repetita. Mais où va-t-on ?
Face au Minotaure
À défaut de trouver une solution, les protagonistes effectuent des petits pas. En avant et en arrière. Difficile donc d’avancer, surtout avec une passion très forte qui aveugle les deux camps, tellement la question est existentielle. Car, en effet, le Hamas joue sa survie et peut-être celle de la question palestinienne. Quant à Israël, il s’agit d’éradiquer son ennemi et de réaliser ses aspirations à la fois religieuses et historiques.
Dernier épisode en date, donc: sous l’égide des États-Unis, Israël a accepté un plan de paix, que le Hamas n’a pas encore validé. Pour faire bonne figure, alors qu’un blocus dure depuis plus de deux mois, Israël a autorisé que l’aide humanitaire entre de nouveau dans l’enclave de Gaza. Mais, dans le même temps, l’expansion de l’emprise israélienne en Cisjordanie se poursuit. Et les appels à reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne se multiplient. De son côté, le Hamas a libéré certains otages israéliens, mais ne cède rien d’autre.
Dans un vrai labyrinthe géopolitique, un nombre de pays plus ou moins influents tentent des médiations. Mais en vain. Le ministre des affaires étrangères saoudien s’est même rendu le 1er juin à Ramallah en Cisjordanie, une première visite à ce niveau dans les territoires palestiniens depuis 1967.
Jusqu’au-boutistes et obstinés l’un et l’autre, les deux ennemis échapperont-ils au Minotaure, monstre commun de leurs passions ?
Abu Jibril
Actuailes n°192 - 4 juin 2025
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