Vous avez déjà entendu parler du chikungunya? De la dengue? du Zika? Autant de noms qui évoquent des épidémies outre-mer… Alors, pourquoi s’en préoccuper en métropole? Qu’est-ce exactement?
Le chikungunya, la dengue, en fortes épidémies à la Réunion ou aux Antilles, sont des arbovirus, et ont la particularité d’être transmis à l’homme par le moustique. Mais pas n’importe quel moustique: l’Aedes albopictus, alias moustique tigre, qui est désormais présent sur la quasi-totalité de la métropole française.
Ces maladies sont très connues et très fréquentes outre-mer, mais lorsque, en 2024, pour le chikungunya, on recensait en métropole 34 cas importés (personnes infectées lors d’un séjour dans l’un des pays siège de l’épidémie, et diagnostiquées à leur retour en métropole), pour les 5 premiers mois de 2025, on en compte déjà… plus de 900 ! D’où l’intérêt de reconnaître les symptômes et la prévention.
Les symptômes
Ces trois arboviroses (chikungunya, dengue et Zika), comme beaucoup de virus, pourront avoir des symptômes plus ou moins prononcés d’une personne à l’autre et les manifestations cliniques seront différentes. Mais le point commun est un syndrome pseudo-grippal aigu. Ces symptômes durent habituellement une semaine et font place à une fatigue parfois prolongée.
La dengue se manifeste habituellement par une fièvre élevée d’apparition brutale pouvant être associée à des maux de tête, des douleurs musculaires et/ou articulaires, des douleurs derrière les yeux, des signes digestifs et une éruption de boutons.
Le chikungunya se manifeste habituellement par une fièvre élevée d’apparition brutale et des douleurs articulaires, pouvant être associées à des maux de tête, des douleurs musculaires et une éruption de boutons.
Le Zika se manifeste habituellement par une éruption de boutons avec ou sans fièvre, pouvant être associée à une conjonctivite, des douleurs musculaires et/ou articulaires.
Le traitement
Une fois la maladie déclarée, le traitement symptomatique, c’est prendre du paracétamol (pas d’antiinflammatoires ou d’antibiotiques), se reposer et bien boire. On conseille également de limiter les déplacements pour ne pas risquer de contaminer des moustiques sur plusieurs zones, et de se protéger de leurs piqûres pour ne pas multiplier les vecteurs infectés.
Il est important de consulter un médecin afin de confirmer le diagnostic par une prise de sang et de déclarer (c’est obligatoire) cette maladie aux autorités de santé. Ainsi, une lutte locale (quartier) contre les moustiques sera organisée pour limiter le risque de propagation de la maladie.
Depuis peu, la vaccination est possible en amont pour le chikungunya.
Même si le dicton dit que «les petites bêtes ne tuent jamais les grosses», il demeure important de lutter contre leurs piqûres (vêtements amples et longs, ventilateurs, prises, serpentins, répulsifs cutanés, etc.) et leur prolifération (zones humides, eaux stagnantes, dessous de pots de fleurs, gouttières, etc.). Cette lutte doit être l’affaire de tous, et ainsi nous retarderons ou même éloignerons ces épidémies de la métropole…
Dct Emmanuelle Fernex
Actuailes n°192 - 4 juin 2025
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