Riche en eau et en caches, la montagne libanaise a toujours constitué un refuge pour les peuples avoisinants, quand ils souhaitaient fuir les conflits: Palestiniens, Syriens…
À ce titre, le pays du Cèdre (le Liban) a toujours été convoité. Il est «le pays du lait et du miel» décrit dans les psaumes bibliques. De fait, l’histoire récente ne l’a pas épargné: guerre civile de 1975 à 1990, occupation syrienne jusqu’en 2005, attaques de l’État islamique en 2015, fréquentes attaques israéliennes, notamment en 2006, 2013, 2024, 2025. En 2020, une gigantesque explosion dans le port de Beyrouth, combinée à la corruption très présente et aux dysfonctionnements politiques, a entraîné l’effondrement économique du pays.
Et pourtant… le pays tient toujours. Il est résilient. Pourquoi?
Une des raisons du miracle libanais
Plusieurs éléments peuvent l’expliquer. Parmi eux, le soutien économique de la diaspora est essentiel. Elle représente entre 4 et 14 millions de personnes (selon les critères de calcul), c’est-à-dire trois fois plus que la population vivant au Liban. D’ailleurs, chaque famille libanaise compte au moins un ou deux membres vivant à l’étranger. Ces populations expatriées d’origine libanaise envoient abondamment de l’argent aux familles restées au Liban. Les transferts financiers sont estimés à 6 milliards par an.
La diaspora s’engage aussi beaucoup dans les initiatives caritatives fournissant de l’aide en nature: médicaments, équipements, alimentation…
Une pratique séculaire
Avec sa façade maritime, le Liban a toujours été tourné vers l’extérieur. Dans l’Antiquité, les Phéniciens, son peuple originel, étaient de grands commerçants et ont fondé des comptoirs sur tout le pourtour méditerranéen. Depuis toujours, les Libanais ont eu tendance à s’installer à l’étranger tout en faisant profiter leur pays d’origine de leurs succès commerciaux. Pour autant, il est certain que la guerre civile qui a commencé en 1975 a augmenté l’émigration.
Et le Brésil dans tout ça?
C’est au Brésil que la diaspora est la plus importante, avec 6 millions de Libanais et de descendants de Libanais. La communauté y a d’ailleurs imprimé sa marque dans tous les domaines (politique, gastronomique…), car elle est ancienne. À la fin des années 1870, 150000 Libanais y ont débarqué en quête de cieux plus cléments.
Les échanges culturels ne se font jamais à sens unique. C’est ainsi que, dans le Chouf libanais, une région située au sud-est de Beyrouth, on croise fréquemment des Libanais druzes dégustant un maté… brésilien. Et pour cause, ce sont des émigrés libanais du Brésil qui, de retour au pays, ont ramené cette pratique.
Le savais-tu?
Le mot diaspora désigne les populations chassées d’un même pays qui entretiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques et politiques par-delà les frontières.
Gilles
Actuailes n°193 - 18 juin 2025
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