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Nice au chevet de l’océan

17-06-2025 à 15:13:28

Du 9 au 13 juin, Nice a accueilli la troisième édition de l’UNOC (Conférence des Nations unies pour l’océan).  

130 pays pour réfléchir sur l’urgence climatique qui pèse sur les océans, et essayer de trouver des solutions pour endiguer leur détérioration.  

L’océan: un territoire en péril 

Mai 2025 a été le deuxième mois de mai le plus chaud de l’histoire; le record date de… mai 2024. Mai 2025 tient tout même un record: la banquise du Groenland a fondu 17 fois plus vite que la moyenne durant cette période. Moins la banquise retient d’eau, plus les océans gagnent du terrain sur la terre ferme. En 2020, on estimait que 11% de la population mondiale vivait dans des zones côtières menacées par la montée des eaux. Et, sous la surface, les conséquences de ce réchauffement sont tout autant  inquiétantes. Ce sont des écosystèmes entiers qui sont bouleversés, particulièrement les récifs coralliens, amenés à disparaître d’ici 2100 si rien n’est fait pour endiguer ce phénomène.  

Avec les coraux, c’est l’habitat de nombres d’espèces marines qui disparaît, menacé par certaines activités humaines telle que la surpêche ou l’exploitation industrielle des fonds marins, riches en minerais et en terres rares.  

Coopérer pour protéger  

Cet océan est un outil essentiel pour lutter contre cette crise climatique. Jusqu’à 30% des émissions par l’homme de gaz à effet de serre, cause principale du réchauffement de la planète, sont absorbées par l'écosystème marin. Sa préservation est donc un des enjeux dont l’ONU s’est saisi en 2017 en convoquant l’UNOC à New York pour la première fois.  

Cette Conférence des Nations unies sur l’océan vise à promouvoir la coopération internationale et la gouvernance collective des mers, afin d’élaborer des plans respectueux de la biodiversité qui s’appliqueraient à tous les pays. 

À Nice, 130 États étaient représentés pour la troisième édition de l’UNOC. Une belle avancée est à souligner: 70 États ont signé le traité sur la haute mer, qui entrera ainsi en vigueur dès janvier 2026. Son application permettra de réglementer l’exploitation des eaux internationales. Cependant, l’UNOC-3 n’a pas trouvé de solution pour endiguer la production de plastique qui empoisonne les océans, et la proportion d’aires maritimes protégées dans le monde est passée de 8% à 11%, bien loin de l’objectif de 30% fixé pour 2030. 

La France et ses possessions maritimes 

Dans ce combat pour la préservation des mers, la France est en première ligne. Grâce à ses nombreux territoires d’outre-mer, son domaine maritime est le plus vaste derrière les États-Unis: il s’étend sur plus de 10 millions de km². Un domaine si vaste implique de grandes responsabilités, et la France se doit d’agir en exemple et en moteur des engagements pris aux UNOC.  

Déjà, 78% des eaux françaises sont en zones protégées. Un beau chiffre à nuancer, puisque la majorité de ces zones sont soumises à un régime de protection modéré, c’est-à-dire que la réglementation qui les régit est en fait peu contraignante. En réalité, seulement 14,8% du domaine maritime est soumis à un régime fort, qui interdit presque toutes les activités humaines.

Briac Saint Loubert Bié 

Actuailes n°193 - 18 juin 2025




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