Le 4 septembre, Emmanuel Macron a annoncé que 26 pays occidentaux s’étaient engagés à déployer des troupes en Ukraine en appui du cessez-le-feu. Il a été immédiatement salué par Volodymyr Zelensky.
Quand on parle de cessez-le-feu, cela signifie que les combats s’interrompent, que les zones se démilitarisent, que les civils peuvent rejoindre leurs villages et leurs maisons, que la vie reprend peu à peu son cours… En général, des troupes neutres viennent alors s’assurer que les parties belligérantes ne reprennent pas le conflit. C’est le cas en Corée depuis 1953. Mais en est-on vraiment là?
Proposition française
Tout d’abord, regardons la proposition du président français: près d’une trentaine de pays enverraient des troupes, au sein d’une coalition dite «des volontaires», pour surveiller le cessez-le-feu. Toutefois, ces pays ont posé comme condition que les États-Unis maintiennent leur appui à l’Ukraine. Plusieurs raisons à cela: les USA sont les seuls à avoir suffisamment de moyens de renseignement, de munitions, de budget, pour rendre possible cette mission de surveillance. Or les États-Unis de Donald Trump souhaitent réduire leur engagement et que l’Europe «supporte ce fardeau». Par ailleurs, on trouve des dissensions au sein de cette coalition: l’Italie, par exemple, a annoncé qu’elle n’enverrait pas de troupes en Ukraine; son soutien prendra donc une autre forme… Enfin, pour envoyer des troupes d’autant de pays différents dans une zone de guerre, il faut des moyens de commandement communs et un cadre d’emploi unifié. Or ce rôle ne pourra pas être confié à l’OTAN, la Russie s’y opposerait.
Accord des deux parties?
Voilà en effet le deuxième point important: pour qu’il y ait un cessez-le-feu, il faut l’accord des deux belligérants. Depuis l’élection de D. Trump, les initiatives de paix se multiplient: en Turquie, en Alaska… sans succès pour l’instant. Pendant ce temps, les attaques se poursuivent des deux côtés, augmentant le nombre de morts et de blessés, y compris parmi la population civile. Rappelons-nous la phrase de Clémenceau, prononcée après la Première Guerre mondiale: «Il est plus facile de faire la guerre que la paix.» L’Ukraine maintient sa détermination et la Russie impose a minima l’annexion des régions russophones et la non-adhésion de son adversaire à l’OTAN. Le chemin est donc encore long pour un cessez-le-feu.
Comment expliquer alors cette annonce du président de la république, que l’on peut relier à celle de la présidente de la commission européenne dans laquelle elle confirme l’existence de plans nationaux en vue d’un déploiement de troupes multinationales? Pendant ce temps, la Chine a fait une impressionnante démonstration militaire avec un défilé gigantesque. En politique intérieure, la stabilité gouvernementale française est incertaine et les capacités financières en Europe s’enfoncent… Difficile alors de comprendre ce positionnement. Une piste peut-être: l’engagement dans un conflit permettrait à l’UE d’unir ses États autour d’un objectif commun et de prendre le chemin d’un grand État supranational. Emmanuel Macron n’a jamais caché cette ambition.
Alexis Mennesson
Actuailes n°194 - 10 septembre 2025
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