
Première apparition à l’écran de la mythique Audrey Hepburn: une comédie romantique qui donne envie de flâner à Rome, tout en nous faisant réfléchir au devoir et à la responsabilité.
Au début des années 1950, une jeune princesse d’un pays non mentionné parcourt l’Europe en obéissant à ses obligations diplomatiques. Ses journées harassantes se déroulent selon des plannings serrés de rencontres avec des ministres, de conférences de presse, et de toutes sortes de représentations officielles. Ce rythme effréné ne permet à la jeune femme, surveillée en permanence, aucune échappatoire. Dès la première scène, on sent sa fatigue mais aussi son profond sens du devoir envers son pays et la couronne qu’elle représente devant tous les ambassadeurs de ce monde. AudreyHepburn, dont c’est le premier rôle, resplendit à l’écran. Tout de suite, elle nous transmet la fougue de sa jeunesse mêlée au désespoir de l’enfermement que son rang lui impose. Un soir, tandis que son médecin vient de lui administrer de force un somnifère à la suite d’une crise d’épuisement, elle s’échappe sur un coup de tête de son palais pour errer incognito dans les rues de Rome, où elle croise un journaliste américain ambitieux qui flaire le scoop: une princesse enfuie! Sans la reconnaître d’abord, puis sans lui dire qu’il connaît son illustre identité, il l’accompagne pendant une folle journée de liberté et d’anonymat.
À propos
Les deux personnages vivent une suite de péripéties inattendues dans la ville, donnant à voir Rome à une époque sans touristes ou presque. La princesse, ivre de liberté, se permet alors une série de caprices: se faire couper les cheveux court, boire un verre en terrasse, aller danser dans une guinguette au bord du Tibre… Toutes ces aventures, tendres et comiques, pourraient sonner comme une invitation à rejeter son devoir, mais le film est beaucoup plus profond que cela. Cette échappée d’un jour permet à cette femme d’accepter pleinement ses obligations, car cette escapade la rend enfin adulte, tandis que le journaliste, au départ trompeur et intéressé, finit par comprendre que la discrétion et le respect sont des obligations morales qui l’honorent. Le film se présente donc paradoxalement comme une ode à la légèreté qui rend responsable.
Pleins feux sur WilliamWyler
Né allemand à Mulhouse en 1902 quand l’Alsace n’était plus en France, WilliamWyler a émigré à 19ans aux États-Unis, où il a connu une belle carrière de cinéaste. Il a aussi réalisé BenHur, l’un des films les plus primés aux Oscars.
Marie Jonquez
Actuailes n°194 - 10 septembre 2025
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