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Iran: sanctions, ça «snappe» !

23-09-2025 à 15:26:39

Le retour des sanctions contre Téhéran ? Face aux doutes sur le programme nucléaire iranien, des pays européens ont décidé de réactiver des mesures de l’ONU. En anglais, on appelle ce procédé de retour en arrière «snapback». 

Snapback signifie «retour immédiat». Cela désigne le mécanisme prévu dans l’accord nucléaire de 2015 (appelé JCPOA) et la résolution 2231 des Nations unies.  

Procédure déclenchée 

En bref, si l’Iran ne tient pas ses promesses – par exemple sur le contrôle de ses recherches nucléaires ou les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) –, ce procédé permet de rétablir toutes les anciennes sanctions.  

Début septembre, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déclenché cette procédure. Car elles estiment que le régime iranien ne remplit pas ses devoirs de transparence, notamment sur ses stocks d’uranium enrichi. 

En réponse, Téhéran a rappelé que ses stocks étaient ensevelis sous des tonnes de décombres… En juin, en effet, les sites d’enrichissement avaient été lourdement bombardés par l’aviation des États-Unis. 

Néanmoins, l’Iran et l’AIEA sont tombés d’accord pour permettre aux inspecteurs de revenir sur tous les sites. Mais les pays européens insistent: sans preuves concrètes de coopération, les sanctions seront réactivées d’ici fin septembre. Téhéran risque de prolonger encore sa profonde crise économique. 

Et pour nous, concrètement ? 

Si les sanctions reviennent, l’Iran risquerait de voir ses ventes de pétrole chuter. En fait, la France ou l’Europe ont arrêté depuis plusieurs années de lui en acheter, mais le marché mondial dans son ensemble réagirait. Moins de pétrole iranien, c’est souvent plus de tensions sur les prix, surtout si d’autres producteurs tardent à compenser cette baisse de production. 

Sur un plan économique, l’Iran tituberait: il recevrait moins de devises étrangères (le dollar ou l’euro qui sont nécessaires pour acheter les produits d’importation). Les importations reviendraient plus chères. Et Téhéran serait un peu plus isolé sur la scène diplomatique. Les jeunes Iraniens rêvant d’un avenir plus ouvert pourraient vite déchanter. 

Et nous, alors ? L’Occident redoute que l’Iran, frustré, accélère son programme nucléaire. Dans un tel cas, cela pourrait relancer une course à l’atome dans la région, entre voisins pas toujours amis. Une poudrière de plus au Moyen-Orient. En a-t-on vraiment besoin, alors que la guerre y sévit déjà très cruellement ? 

Retenons ceci: il en est de l’Iran vis-à-vis de l’Occident comme de Jean Valjean envers Javert. Il faut des preuves concrètes, des actes visibles et répétés, pour montrer qu’il a changé. En diplomatie comme en littérature, la confiance ne se décrète pas, elle se mérite. 

Abu Jibril

Actuailes n°195 - 25 septembre 2025

 


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