
Le peintre américain Sargent n’a que 25 ans lorsqu’il peint ce portrait en pied du gynécologue parisien réputé Samuel Pozzi, dans une harmonie de rouges.
Une œuvre monumentale
L’œuvre est de format monumental, comme pourrait l’être un portrait d’apparat. Et pourtant, le célèbre chirurgien, le Dr Pozzi est représenté en robe de chambre.
En robe de chambre? Cette tenue d’intérieur est inhabituelle pour un portrait. Le personnage représenté ou le peintre choisissent plutôt des vêtements élégants, voire solennels, ou reflétant leur statut social. Pourtant, le médecin est représenté en tenue intime, jusqu’aux chaussons. Le titre le dit bien, il est chez lui. Mais il ne se présente pas de manière négligée aux yeux des spectateurs! Même en tenue d’intérieur, l’homme semble sûr de lui, il a de la prestance. Les yeux sont clairs, les cheveux abondants, la barbe bien taillée.
Un homme distingué
Regardons-le d’un peu plus près: le tableau est peint dans une harmonie de rouges. Le vêtement se détache sur un rideau de velours d’un rouge plus sombre. Les manches et le col plissés, réalisés dans une délicate étoffe blanche, mettent en valeur de longues mains fines et un port de tête élégant. Mains et tête sont d’ailleurs les seuls éléments visibles du corps. Chez un chirurgien, la main est particulièrement importante. Est-ce cela que le peintre a voulu mettre en évidence? La main droite, qui saisit d’un geste le col du vêtement, rend l’attitude particulièrement élégante. L’autre main, posée sur la hanche, se tient négligemment au cordon de la ceinture.
Un homme chez lui, certes, mais un homme du monde, raffiné.
Sophie Roubertie
Actuailes n°196 - 8 octobre 2025
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