Du 21 au 28 septembre 2025, Kigali, la capitale rwandaise a accueilli les Championnats du monde de cyclisme sur route.
Un événement historique: c’était la première fois que cette compétition planétaire posait ses valises en Afrique.
Les routes vallonnées de Kigali ont offert un décor à couper le souffle, mais aussi un défi redoutable.
Favoris et outsiders
Chez les hommes, le Slovène Tadej Pogačar a confirmé sa domination mondiale. Parti seul à plus de soixante kilomètres de l’arrivée, il a résisté jusqu’au bout pour s’imposer devant le Belge Remco Evenepoel et l’Irlandais Ben Healy. Sur 165 coureurs, seuls trente ont franchi la ligne d’arrivée, preuve de la difficulté du parcours.
Evenepoel s’est consolé avec le titre du contre-la-montre, son troisième consécutif. Chez les femmes, la Suissesse Marlen Reusser a enfin décroché l’or tant attendu dans l’épreuve chronométrée.
Côté jeunes, l’Italien Lorenzo Finn a remporté la catégorie U23. Les Français ont malheureusement raté leur championnat, avec une pénible 16e place pour le jeune prodige Paul Seixas lors de l’épreuve reine.
Au-delà des podiums
Kigali 2025 marque un tournant pour le sport africain. Jamais auparavant un Mondial de cyclisme sur route n’avait été organisé sur le continent. Le Rwanda a voulu prouver qu’il pouvait accueillir un événement d’envergure mondiale. Les infrastructures modernes, la sécurité et l’enthousiasme du public ont impressionné. Les images des collines rwandaises et des routes bordées de drapeaux ont fait le tour du monde.
Mais cet événement n’est pas qu’une prouesse sportive. Il s’inscrit dans une stratégie plus large: celle du «soft power» rwandais. Depuis plusieurs années, Kigali investit massivement dans le sport pour renforcer son image internationale. Le pays sponsorise déjà des clubs européens (notamment le PSG) via la campagne Visit Rwanda. En accueillant le Mondial de cyclisme, il a voulu montrer un visage moderne, organisé et ambitieux.
Ce choix n’est pas anodin
Le Rwanda, petit pays sans ressources naturelles majeures, utilise le sport pour exister sur la scène mondiale. Derrière cette réussite, certains observateurs pointent toutefois une stratégie politique: mettre en avant les succès internationaux pour faire oublier les tensions internes et régionales.
Quoi qu’il en soit, ces championnats ont permis de faire rayonner l’Afrique. Pour beaucoup de jeunes cyclistes, voir les meilleurs du monde grimper les collines de Kigali est une source d’inspiration. L’événement prouve que le talent et l’excellence ne sont pas réservés à l’Europe ou à l’Amérique.
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Sacha Balbari
Actuailes n°196 - 8 octobre 2025
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