Au Mali, les forces islamistes du GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), affiliées à Al-Qaida, tentent de déstabiliser l'économie nationale et visent le contrôle global du pays. Leur objectif: asphyxier le pouvoir et prendre la capitale, Bamako, où ils imposent déjà un blocus dévastateur.
Alors que la plupart des pays ont appelé au départ de leurs ressortissants, cette chute aurait des conséquences dramatiques et pourrait entraîner un effet de contagion vers les voisins du Burkina Faso et du Niger.
Blocus économique
Les jihadistes du GSIM resserrent inlassablement leur étau sur Bamako. Le blocus sur les importations de carburant se poursuit depuis septembre, entraînant l’arrêt de nombreuses activités, la fermeture des écoles et la raréfaction de certains produits. Alors qu’officiellement le litre d’essence coûte 775 francs CFA (1,18 euro), il s’échange désormais jusqu’à 2 000 francs (3euros) sur le marché noir. Cette stratégie vise à affaiblir économiquement le Mali, pays qui ne possède aucun accès à la mer et qui est donc dépendant des axes routiers, notamment ceux qui rallient les ports de Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d’Ivoire) ou encore Nouakchott (Mauritanie) pour acheminer les stocks d’hydrocarbures et de denrées.
L’argent, une arme pour le GSIM
Plus grave encore, en vue de la libération de trois otages, une rançon de 50 à 70 millions d’euros aurait été versée par le gouvernement putschiste. Plusieurs tonnes de matériel militaire – véhicules et armement – ont été livrées au groupe jihadiste. Ce versement d’une rançon colossale constitue une injection massive de liquidités dans les caisses du GSIM, que le groupe peut convertir en achat d’armes lourdes ou légères, d’explosifs et de drones.
Plusieurs ambassades de pays occidentaux ont appelé leurs ressortissants à quitter le Mali dès que possible. C’est le cas des États-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, et plus récemment de la France.
Pour autant, les jihadistes ne prépareraient pas un assaut militaire contre la capitale malienne, ils œuvreraient plutôt à une stratégie de l’étouffement économique pour délégitimer le régime de transition en place sans s’exposer à une bataille conventionnelle. En privant Bamako de ces ressources nécessaires, le GSIM voudrait faire tomber la ville et faire du pays un État islamiste, yappliquant une interprétation stricte de la charia. En dépit du soutien résiduel de quelques pays, cette situation acterait l’échec cuisant du chef putschiste Assimi Goïta, qui avait préféré l’appui de mercenaires russes à celui fourni pendant plus de 10 ans par l’opération Barkhane, et ayant coûté la vie à 58 de nos soldats français.
Guillaume
Actuailes n°197 - 12 novembre 2025
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